Pour éviter des conséquences sur la santé, le ministre de la Santé publique demande leur mise en quarantaine.
Par Josiane Afom
Dans une lettre circulaire datée du 5 novembre dernier, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, instruisait l’arrêt de la distribution, la dispensation ou l’administration, et la mise en quarantaine du Litacold (Chlorphénamine maléate, phenyletephrine hydrocloride, caffeine, paracétamol) du Laboratoire médicale pharmaceutique dont la présentation est identique à celle du Lictacold authentique (plaquette de quatre comprimés, conditionnement primaire et secondaire identique). Cette instruction du Minsanté faisait suite au constat selon lequel une contrefaçon du Litacold comprimé, médicament utilisé dans le soulagement de la congestion nasale et des sinus, est en circulation sur le territoire national. Bien plus, précise la lettre circulaire du ministre de la Santé publique, le Laboratoire médicale pharmaceutique ne détient d’autorisation de mise sur le marché (Amm) pour la commercialisation du Litacold ; le Litacold authentique ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché camerounais (Amm n°1138201 du 22 octobre 2018) étant fabriqué par Generic Healthcare Pvt Ltd (GHPL), Inde.

Le Litacold distribué par le Laboratoire médicale pharmaceutique n’est pas l’unique produit pharmaceutique que Manaouda Malachie demande sa mise en quarantaine. Le 4 novembre dernier, se référant à une notification émise par le Laboratoire Pierre Fabre Médicament, le Minsanté attirait l’attention du public sur la présence de la contrefaçon de la spécialité Cyteal solution moussante, flacon de 250ml, disponible au Cameroun. Le constat faisait suite à une vérification rapide des lots G00729 et 3G05E qui a montré que les flacons ne sont pas neufs, les unités sont emballées dans du plastique par lot de trois et non unitairement comme habituellement, l’odeur de la solution ne correspond pas à l’odeur caractéristique de Cyteal et se rapproche d’une odeur de détergent ménager, la solution de Cyteal contrefait est plus visqueuse que la solution moussante de Cyteal conforme. Ce communiqué précédait une lettre circulaire de Manaouda Malachie qui indiquait également la présence du Maloxine 500mg/25mg non conforme sur le marché.
Surveillance
C’est en effet grâce à la surveillance du marché que ces médicaments contrefaits ont été découverts. Au Minsanté, un responsable explique que lorsqu’un médicament est sur le marché, il fait l’objet d’une surveillance. « C’est d’ailleurs l’une des neuf fonctions de régulation pharmaceutique », précise notre informateur. Et de poursuivre : Au cours de cette surveillance, on peut détecter des non-conformités et les contrefaçons peuvent être à l’origine de ces non-conformités. Ces médicaments contrefaits sont non sans conséquence sur la santé des consommateurs. Car, explique le Dr Noël Atebete, pharmacien, le médicament de sa création à sa dispensation au public suit un process bien défini et traçable. Pourtant, les médicaments contrefaits ne respectent aucune procédure, que ce soit légale, ou matérielle. « Le médicament contrefait est produit illégalement. Donc son origine, son innocuité et même sa conservation sont remis en cause», explique le pharmacien.
Parlant de l’origine du médicament contrefait, l’expert explique qu’il est composé du principe actif et des excipients. De ce fait, l’absence ou le mauvais dosage du principe actif (comme rencontré dans bcp de faux médicaments), expose les malades à une aggravation de leur état, et dans certains cas précis à des résistances. S’agissant de l’innocuité, la qualité d’un médicament est primordiale pour assurer la santé du patient. « Dans quelles conditions sont produits ces médicaments? Pour ne parler que de ça, La stérilisation de leur « matériel de production » est-elle assurée? Je ne pense pas. Nous allons donc nous retrouver avec des pseudo « médicaments » contaminés qui exposent les populations à plus de pathologies ce d’autant plus que sur le plan de la conservation, ils sont régulièrement exposés au soleil», déplore le Dr Noël Atebete pour qui, il ne suffit pas d’avoir un gélulier, pour savoir « fabriquer » des médicaments.



