Le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo, a fait le point de la situation sécuritaire du pays lors d’une réunion d’évaluation en prélude aux fêtes de fin d’année.
Par Saydou Sadjo
La situation sécuritaire du pays, en prélude aux fêtes de fin d’année 2024, a été passée au peigne fin, lors de la rencontre d´évaluation sécuritaire, présidée par le Mindef Joseph Beti Assomo, hier à Yaoundé. La réunion s’est tenue dans un contexte particulier, dans la salle des conférences dudit ministère, en présence du délégué général à la Sûreté nationale, du secrétaire d’État à la Défense chargé de la gendarmerie, du secrétaire d’État à la Défense chargé des anciens combattants et victimes de guerre, du directeur général de la Recherche extérieure, du chef d’état-major des armées et des officiers supérieurs.
Le Mindef a dressé un tableau panoramique de la situation sécuritaire actuelle. Dans un contexte sensible caractérisé par une plus grande mobilité des personnes et des biens et une aggravation de l’insécurité à divers niveaux. Cette situation nécessite une vigilance plus accrue, comme l’a indiqué le ministre Joseph Beti Assomo, alors qu’il présidait les travaux. Cette réunion de haute sécurité a permis de rappeler les différents fronts à scruter de près et les menaces qui persistent, afin d’adopter la stratégie la plus adaptée.
Selon le Mindef, la récente violente attaque des combattants du groupe terroriste Boko Haram le dimanche 27 octobre 2024 sur les positions des Forces armées tchadiennes à Barkaram, dans l’île à l’ouest de la localité de Ngouboua, dans le lac Tchad, ayant occasionné un très lourd bilan humain du côté des militaires tchadiens, rappelle aux yeux de tous que ce groupe terroriste possède encore des capacités de nuisance non négligeables. « Le haut commandement militaire camerounais a-t-il relevé significativement le niveau d’alerte sur ce théâtre afin de nous prémunir des attaques surprises aux conséquences inévitablement fâcheuses. Il faut par ailleurs relever que, le retrait annoncé du Tchad de la Force mixte multinationale fait l’objet de traitement approprié par les chefs des Forces armées des autres pays membres de la Cblt qui ont engagé des concertations diplomatiques de haut niveau sur ce dossier. À cette situation complexe, viennent s’ajouter les affres des changements climatiques, avec leur lot d’inondations de morts, de destruction des habitations, de mort de cheptels, de maladies hydriques, sans oublier le spectre de la famine qui semble planer sur la région de l’Extrême-Nord en particulier. A ce tableau, il convient d’ajouter les morts enregistrés suite au glissement de terrain à la falaise de Santchou, département de la Menoua, Région de l’Ouest », relève le Mindef.
S’agissant des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, une analyse globale a été faite. Les terroristes s’obstinent à troubler la quiétude des populations à travers des kidnappings avec demandes de rançons, des exactions diverses au moyen d’artifices de guerre, principalement les engins explosifs improvisés, et les « villes mortes » encore observées dans certaines localités, les lundis de chaque mois.
Face à cette remontée de la violence visant particulièrement les personnels de l’Etat, Joseph Beti Assomo fait savoir que les Forces de défense et de sécurité accentuent la pression sur les groupes terroristes, afin d’éradiquer les poches de résistance des insurgés qui subissent du reste une forte attrition ces dernières semaines et un traitement avec plus de vigueur. Cette réunion s’est également penchée sur la situation des grandes métropoles, qui font face ces derniers temps à la résurgence des assassinats ciblés et à la consommation de drogues et substances psychotropes par une jeunesse qui a du mal à trouver ses repères. A cela s’ajoutent les préoccupations des populations, qui expriment de plus en plus leur ras le bol face aux manquements dans la fourniture de certains services sociaux de base pour une vie digne et commode. Dans les régions du Nord et de l’Adamaoua, les phénomènes de transhumance armée, de vols de bétail et de prises d’otages avec demande de rançon sont signalés. « C’est aussi le lieu de saluer les actions diplomatiques et judiciaires du pays ayant permis l’arrestation de plusieurs leaders, principaux pourvoyeurs de fonds des groupes terroristes, dont celle opérée par l’Unité en charge des enquêtes sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité de la Police norvégienne, du Camerounais Cho Ayaba Lucas », se réjouit le Mindef avant d’instruire une vigilance accrue et une protection du territoire national.
Photo/Légende : La situation sécuritaire du pays évaluée.



