Les conseils de l’activiste camerounais interpellé au Gabon au moins d’août dernier ont initié la procédure d’habeas corpus auprès du Tribunal de grande instance de Yaoundé.
Par Dimitri Mebenga
Les conseils de Steve Akam dit Ramon Cotta, un activiste camerounais connu pour ses sorties au vitriol contre le régime du « renouveau » ont initié en date du 23 septembre 2024 auprès du Tribunal de grande instance de Yaoundé une requête en habeas corpus aux fins de libération immédiate de leur client.

Le prévenu est écroué à la principale secondaire du Secrétariat d’État à la défense, chargé de la gendarmerie depuis le mois d’août après son arrestation au Gabon. Dans leur exposé le collectif des avocats commis pour sa défense motive cette démarche par ces propos : « en date du 04 septembre 2024, il affirme avoir été enlevé par des militaires gabonais armés en civil devant son magasin à Libreville le 19 juillet 2024 sans mandat ni aucun autre titre, menotté, cagoulé, privé de l’usage de son téléphone, coupé du monde extérieur pendant trois (03) jours où il était toujours encagoulé et menotté gardé dans une chambre noire souterraine dans laquelle il y avait quatre ( 04) tombeaux ». Le document renchérit : « le 23 juillet 2024 il a été conduit de force par des militaires armés à la frontière Gabon- Cameroun où il a été déporté sans procédure judiciaire ni diplomatique révélée. Conduit à Yaoundé sous forte escorte policière munie des armes meurtrières ».
D’après ses avocats soutiennent qu’il n’a jamais rencontré une autorité judiciaire et ignore la raison pour laquelle il a été déporté du Gabon pour le Cameroun en violation de la réglementation internationale en la matière. Les éléments présentés par ses conseils cités supra militent pour sa demande de libération immédiate.
Dans une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux le 21 juillet, Steve Akam, alias Ramon Cotta, se tient devant une barrière dans un espace à l’extérieur, menotté et entouré de membres de la police camerounaise. C’est la dernière fois qu’il a été vu.
Ramon Cotta, qui vit au Gabon depuis dix ans, est connu pour ses vidéos Tik Tok dans lesquelles il critique les autorités camerounaises Le 7 août, les avocats qui le représentent ont déclaré avoir envoyé en vain plusieurs demandes d’information à diverses autorités camerounaises concernant la situation de leur client et le lieu où il se trouve. Les avocats estiment que les autorités camerounaises ont renvoyé de manière extrajudiciaire Ramon Cotta du Gabon au Cameroun et qu’il pourrait être victime d’une disparition forcée, ce qui signifie que les autorités le détiennent tout en refusant de reconnaître sa détention ou de divulguer toute information sur le lieu où il se trouve, le privant ainsi de toute protection légale.



