Théâtre dans la rue : Ebolowa fait son « Njangui »

Les populations de la ville sont sorties en grand nombre, le 23 septembre dernier pour vivre cette pièce représentée dans l’une de ses artères.


Par Alain Ndanga, à Ebolowa


Ebolowa, chef-lieu de la région du Sud, lieu-dit Rue Deli au Centre-ville. Dès 15 heures le 23 septembre dernier, le tronçon d’environ 50 mètres, se ferme dans ses entrées et sorties. D’un côté par le bus des artistes, tenant lieu de back stage, et de l’autre côté par des spectateurs qui attendent de voir ce qui va se passer. La scénographie se met en place : deux baffles disposés sur les deux côtés, des casiers de bière posés aux angles de la scène de fortune, ainsi que les roll up estampillés « Njangui-ensemble » avec des informations telles les dates et lieux des représentations de la pièce : le 23 septembre à Ebolowa, le 25 à Douala, les 26 et 27 septembre à Yaoundé et portant les masques camerounais, allemand, italien.

Ce dispositif ne laisse personne indifférent. Au loin, l’on entend le premier son de tambour attaché aux reins d’Augustin Yadaroum, qui avance sur la scène. Arrivent ensuite Rass Nganmo avec son kalangou ainsi que sa flûte pygmée et Clémentine Assa, virtuose du violon. Les spectateurs sont attirés par les sons de cet orchestre qui joue les rythmes des aires culturelles du Cameroun.

Les échassiers-danseurs, Solange Flore Megne Ouambo, Essogo Ekollo et Tony Lobe sortent de part et d’autre, portant des marionnettes géantes, qu’ils font danser dans une chorégraphie spectaculaire. L’espace devient noir de monde. Une foule qui sait faire foule. C’est au tour des comédiens, Issa Yinkou, Ousmanou, Aïcha Diallo Abdoulaye,  Olivier Ngounde, Majolie Akong, André Takou Sa’a, Farida Samba, Camille Dina Minyougue, Tiafack Tongka. Ils arborent des masques silencieux allemands. Leurs moindres gestes sont répétés par le public qui participe au spectacle. Les metteurs en scène ; Stephano De Luca, Junior Esseba, Luzie Ackers, et respectivement coordonnateurs des équipes de l’Italie, du Cameroun et de l’Allemagne, entrent souvent dans la danse tout en veillant si tout se passe normalement.

En près d’une heure de show, des spectateurs encore présents, ne manquent pas l’occasion de se photographier avec les artistes et surtout avec les trois marionnettes géantes (Amina, Dikosso, Muto).

Ebolowa écrit une belle page de son histoire culturelle. « Jamais nous n’avons vécu un tel spectacle. C’est beau et inspirant. Cette histoire va se raconter à ceux qui n’étaient pas là », a déclaré le promoteur de la boulangerie qui se dresse en décor de la scène. Pour Junior Esseba, il reste deux à trois choses à régler, mais que « dans l’ensemble, tout s’est bien passé ». La suite prévoit l’escale de Douala ce jour ; pour finir en beauté à Yaoundé les 26 et 27 septembre prochains.