Chargé de la programmation au Goethe-institut, il précise le cadre du concert de Checkmate Mido au Centre culturel Ubuntu de Ruben Binam.
Par Alain Ndanga
Au sortir du concert de Checkmate le 13 septembre dernier, le public ne s’empresse pas à quitter les lieux. Quelle magie derrière cette performance ?
C’est une découverte parce que je ne le connaissais que de nom. Je n’avais écouté que quelques-unes de ses chansons en ligne. Ce que j’ai regardé sur les réseaux sociaux sur sa chaîne YouTube était intéressant. C’était la même émotion que ce qu’il a donné ce soir. Je crois que c’est le résultat du talent de l’artiste lui-même qui est un artiste de live. Mais aussi le talent des musiciens qui l’accompagnent. Ils ont eu à peine une journée pour s’accorder avec lui, mais qui ont donné un accompagnement exceptionnel et puissant sur le plan musical et sur le plan de l’engagement. Au-delà des belles mélodies et du groove, il y a le message qui, parfois, est très engagé.
Comment cet artiste kényan arrive à prester au Cameroun ?
Depuis cette année, le Goethe-Institut a mis en place un projet qui promeut la mobilité des artistes africains. Quatre artistes participent à ce projet pilote. Des artistes choisis par les concertations avec le réseau des Instituts Goethe d’Afrique. Et à la suite de ces concertations, quatre artistes ont été sélectionnés et Checkmate Mido en faisait partie. Il a proposé un travail qui a été salué par le collège de jurés constitué des personnels du réseau de l’Institut Goethe. Et le projet prévoit que chaque artiste fasse quatre dates. Trois dates en dehors de son pays et une dans son pays. Checkmate a choisi le Cameroun parmi ces trois dates extérieures. Les dates sont choisies en fonction des Instituts qui souhaitent l’accueillir par rapport à la couleur artistique du milieu. Un artiste qui est bien reçu à Dakar ne sera pas forcément bien reçu au Rwanda, en termes de réceptivité artistique bien-sûr. On propose à chaque artiste la liste des instituts désireux de le recevoir et c’est lui qui fait le choix final parmi une dizaine de villes possibles. Et c’est comme cela que Checkmate Mido s’est retrouvé à Yaoundé, à Johannesburg (pour le début de sa tournée) et tout récemment à Luanda en Angola.
Pourquoi avoir choisi le Centre culturel Ubuntu pour abriter ce spectacle ?
Il y a une contrainte conjoncturelle; c’est que le Goethe-Institut est actuellement en travaux et ce, depuis près de trois mois et peut-être pour les quatre prochains mois encore. Nous avons eu l’intention de rénover notre rez-de-chaussée et notamment notre bibliothèque qui deviendra une véritable médiathèque. L’ambition étant d’offrir un contenu plus intéressant et plus pertinent aux Camerounais. Notre salle de conférence sera également plus grande et pourra accueillir plus confortablement les évènements. C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons faire aucun événement jusqu’en décembre, voire plus au sein de notre site à Bastos. Cette situation nous permet également de nous rapprocher des espaces culturels partenaires à Yaoundé. Ce soir nous étions au Centre culturel Ubuntu, le mois dernier nous étions à l’espace Ubuntu à la montée du Parc et à Othni (Essos). Il y a deux semaines nous étions à Macby (Maison des Arts et de la Culture Bandjoun de Yaoundé), un bel espace qui peut accueillir des activités culturelles. Et demain nous serons dans un autre espace. Jusqu’en décembre, nous ferons le tour des espaces culturels fonctionnels à Yaoundé.
Concert
Checkmate Mido enflamme Yaoundé
L’artiste musicien kényan a offert un spectacle live, le 13 septembre dernier au Centre culturel Ubuntu dans le cadre de sa tournée africaine dans les Goethe institute.

Par Alain Ndanga
Checkmate Mido, une harambee star au pays des Lions indomptables. Il est en concert le 13 septembre dernier au Centre culturel Ubuntu à Yaoundé. Au même moment que les Camerounais le découvrent, ils adoptent le kényan déjà considéré comme l’une des grandes stars dans son pays.
Alors que le Cameroun affronte son pays en octobre prochain dans le cadre des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations, Maroc 2025, il est dans la démarche d’équipe avec les Lions de la musique. Sur scène, il est accompagné par Brice Essomba aux keyboards, Michel Eloumou à la guitare basse, et Stéphane Ndzana à la batterie. Le chanteur, rappeur et slameur interprète ses meilleurs titres.
La salle grouille de monde. Une foule qui sait faire foule. Des spectateurs participent en reprenant certains refrains de l’artiste ; d’autres ne se privent pas de se lever, d’aller sur scène et d’esquisser des pas de danse sur des rythmes de Checkmate qui rappellent l’Afrique.
Des personnalités du monde de la culture sont venues, ont vu et ont entendu. Parmi elles, la directrice du Goethe Institute, Kamerun, Thekla Worch Ambara ; le directeur artistique du Laboratoire de Théâtre de Yaoundé, Martin Ambara ; du chargé de la programmation culturelle au Goethe Institute, Raphaël Mouchangou ; des artistes Joyce Babatundé, Sami Nkuh ; et de nombreux mélomanes, Chembi Fon Muna, entre autres.
Checkmate Mido a été nominé pour le prix Sondeka East Africa 2023 du meilleur live. C’est donc un nom bien connu dans la musique alternative et scène de création parlée à Nairobi. Sa démarche artistique consiste à fusionner rimes et rythmes pour raconter des histoires captivantes à travers la musique. Il s’est révélé à la radio Bbc Focus on Africa, Arts Hour. Il a également partagé la scène avec les lauréats des Grammy Awards, The Soil ; l’artiste hip-hop de renommée mondiale Akua Naru. Son premier album Frqncy sorti en 2020 a été crédité d’un meilleur accueil. Il est boursier Goethe Talents 2023, adoubé dans une tournée bien accueillie en Afrique de l’Est en 2023. Au cours de la même année, il effectue une tournée aux États-Unis dans le cadre de OneBeat 13 Music. L’artiste est en résidence de création et devrait sortir son deuxième album courant cette année. En attendant, sa tournée dans le sillon des Goethe institute qui a démarré à Johannesburg, s’achève à Nairobi. Après le Cameroun, la star se produira à Luanda en Angola.



