Justice pénale : L’enquête Criminelle en débat

C’est à l’occasion d’une conférence publique tenue à l’Enam par l’auteur de l’ouvrage « Les Techniques d’Enquête Criminelle », Jean Pierre Moutassi.


Par Saydou Sadjo


« L’administration de la preuve en justice pénale » est le thème placé au cœur des échanges  juridiques et judiciaires entre Jean Pierre Moutassi, Auteur, Commissaire divisionnaire, criminaliste et les acteurs du monde judiciaire et élèves de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam). 

Durant plus de deux heures, l’expert en criminalistique a partagé son savoir sur les contours de l’administration de la preuve et les péripéties d’enquêtes criminelles. Le Commissaire divisionnaire est resté pointu sur la constatation de l’infraction jusqu’au jugement de son auteur devant le tribunal. Des apports scientifiques et techniques qui ont suscité de l’émotion dans la salle de conférence.

L’on se souvient encore de son expertise sur l’enquête criminelle à travers son ouvrage intitulé : « Les techniques d’enquête criminelle », Typologie des crimes et constatations médico-légales, publié en 2017 aux Éditions L’Harmattan, ainsi que ses révélations sur les exactions de la France au Cameroun à travers : « Epilogue d’une guerre clandestine, Verdict sur le génocide français au Cameroun (1954-1964) », publié en 2020-L’Harmattan Cameroun. Le Commissaire divisionnaire et criminaliste Jean Pierre Moutassi, revient à la charge pour susciter le débat autour de la problématique de la preuve en justice pénale. « Placée  au cœur du procès pénal, l’administration de la preuve doit à la fois conduire à la manifestation de la vérité, tout en garantissant les droits et les libertés fondamentales de la personne lors du procès pénal, à travers son objectivité, en se basant uniquement sur des faits. La vérité, une et indivisible, ne doit être considérée comme établie que si elle englobe l’ensemble de tous les faits connus et connaissables. La preuve scientifique permet ainsi d’écarter le doute légitime qui s’attache aux décisions des tribunaux, défendre les juges contre tous les soupçons d’arbitraire en ne leur permettant de statuer qu’après avoir approfondi par des moyens déterminés, les litiges qui leur sont  soumis et d’entourer de garantir la sincérité de la preuve, pour affermir le principe de l’authenticité de la chose jugée. Ainsi le présumé coupable reste innocent lorsqu’il n’y a pas de preuve ou lorsqu’on est encore dans la phase de présomptions. Celui-ci ne doit pas être arrêté et gardé, encore moins envoyé en prison », explique Jean Pierre Moutassi.

Il faut noter que cette conférence arrive au moment où le Cameroun enregistre de plus en plus des erreurs judiciaires dans les tribunaux.  « En qualité d’officier de police judiciaire et écrivain, nous avons un intérêt sur cette matière de l’administration de la preuve dans un procès pénal qui ne doit pas être négligé car ce procès a un impact social considérable. Ce procès touche à ce que l’être humain a de cher dans sa vie notamment sa liberté, son honneur. Les erreurs dans ce procès sont catastrophiques. Voilà pourquoi nous devons prendre au sérieux l’administration de la preuve » déclare le Commissaire de police Nono Bihalal.

Au terme de ces échanges, l’auteur a insisté sur les techniques de la criminalistique et le respect des principes qui sous tendent l’exploitation de la scène de crime.