La troisième évaluation annuelle liée à cette opération, conduite par la Commission de la Cemac, laisse transparaître une satisfaction des différents acteurs.
Par Michel Ferdinand
Le communiqué de presse signé le 27 juillet 2026, de Boissons du Cameroun, leader agro-industriel sous-régional, renseigne sur l’évolution du processus de rachat de Guinness Cameroon S.A. par le Groupe BGI [Brasseries et glacières internationales, Ndlr], filiale du Groupe Castel, propriétaire de la Société anonyme des Boissons du Cameroun (Sabc). Une cession approuvée en 2023 par les autorités nationales et sous-régionales de la concurrence, qui suit son cours normal.
En effet, au sortir de la troisième session d’évaluation, tenue le 21 juillet dernier, tout indique que le processus se fait dans les règles de l’art. « Dans le cadre du suivi des opérations de concentration économique dans la sous-région, la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) a conduit sa troisième réunion d’évaluation annuelle consécutive consacrée au rachat de Guinness Cameroon S.A. par le Groupe BGI, filiale du Groupe Castel, opération autorisée en 2023 », informe le communiqué parvenu à notre rédaction. Non sans rappeler que : « Assorti d’un cahier des charges strict sur cinq ans, cet accord prévoyait des engagements précis en matière d’investissements industriels, de valorisation de la production locale, d’extension du réseau de distribution et de création d’emplois ». Qu’est-ce qu’on en retient à ce jour ? « À l’issue des inspections réalisées sur les sites industriels majeurs de l’usine de Ndokoti et de Socaver, les autorités communautaires et nationales de la concurrence ont salué la rigueur, la cadence d’exécution et le niveau d’avancement observés », précise le même communiqué. Ce qui fait dire qu’on a là « un cas d’école réussi pour le droit communautaire de la concurrence ». Tout comme on y voit « un modèle d’intégration industrielle sous-régionale », dès lors qu’« au-delà de la conformité juridique et technique sur le territoire camerounais, la Commission de la Cemac s’est félicitée de l’impact direct de ce rapprochement sur l’intégration économique régionale. La fabrication sur site d’emballages et de casiers destinés notamment aux marchés tchadien et centrafricain illustre la vocation sous-régionale de cette opération et le rôle de moteur industriel joué par le pôle camerounais ».
Au terme de l’évaluation en question, le Commissaire et président de la Commission de la Cemac, Seli Mbogo Ngabo, pense que « l’opération de rachat de Guinness S.A. constitue l’un des premiers cas d’école démontrant que notre dispositif réglementaire est parfaitement fonctionnel. C’est un modèle que devraient suivre toutes les entreprises désireuses de réaliser des fusions-acquisitions au sein de notre espace communautaire ». Dans un ton similaire, le président de la Commission nationale de la concurrence (Cnc) et du Conseil communautaire de la concurrence (Ccc), Léopold Noël Boumsong, reconnaît que « la Société anonyme des Boissons du Cameroun se situe en avance sur l’ensemble de sa feuille de route, allant même au-delà des exigences initiales ».
À croire que cet exemple devrait faire école dans la sous-région Afrique centrale. Raison de plus pour que le Directeur général de Boissons du Cameroun, Stéphane Descazeaud, réaffirme « l’engagement plein et entier de l’entreprise à poursuivre ces échanges constructifs et à ouvrir dès l’année prochaine d’autres sites de production, Garoua et Yaoundé, au suivi communautaire ». Depuis sa création en 1949, le Groupe Castel ne cesse d’être en mouvement.



