Lac municipal de Yaoundé : Encore plus de 4 milliards pour la phase 1

Le président de la République vient d’autoriser un autre prêt pour les travaux supplémentaires du projet d’aménagement de ce site.

Par Michel Enony

Un nouveau décret présidentiel signé le 22 juillet 2026 autorise le ministre de l’Économie de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) à contracter 6,28 millions d’euros (environ 4,12 milliards Fcfa) de prêts supplémentaires, auprès de Deutsche Bank Espagne. Ce prêt servira pour la phase 1 du projet d’aménagement touristique et économique du Lac municipal de Yaoundé. Une addition qui vient s’ajouter à un coût initial déjà conséquent de 14,5 milliards Fcfa.

Lancée en 2021, la première phase du projet prévoyait initialement un montant de 14,5 milliards Fcfa Toutes taxes comprises (Ttc), financé par un prêt contracté auprès de Deutsche Bank Espagne. Ces travaux comprenaient l’assainissement du lac (curage des bassins, dragage profond), l’aménagement d’une voie multimodale en béton autour du lac, l’éclairage public, la construction d’un restaurant en forme de nénuphar, ainsi que des caniveaux et fossés bétonnés. Le décret du 22 juillet 2026 habilite désormais le Minepat à signer une combinaison de deux prêts un crédit-acheteur de 3,560 milliards Fcfa et un crédit-commercial de 562,279 millions Fcfa. L’addition est donc portée à 18,622 milliards Fcfa pour la seule phase 1 du projet.

Ce nouveau financement s’inscrit dans une série d’emprunts successifs. D’après nos confrères d’Investir au Cameroun, des conventions de financement de 21 milliards Fcfa avaient déjà été signées en septembre 2016 avec la même banque. Un second crédit supplémentaire de 12,6 milliards Fcfa a aussi été autorisé. À terme, si tous ces financements sont mobilisés, le coût total du projet atteindrait 33,6 milliards Fcfa.

L’entreprise espagnole Elecnor, adjudicataire du marché depuis juillet 2020, n’a donc pas livré l’ensemble des travaux dans le délai contractuel initial de 36 mois. Par ailleurs, la phase intermédiaire du projet est encore bloquée faute d’un financement complémentaire.

Alors que la phase 1 est « officiellement » achevée depuis avril 2024, ces nouveaux crédits destinés aux « travaux supplémentaires » montrent que le projet initial n’a pas suffi à boucler toutes les interventions prévues. Une situation qui interroge sur la maîtrise des coûts de ce chantier de modernisation du cœur de la capitale camerounaise.