Le chef de service de l’information et de la documentation en service à la délégation régionale de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable (Minepded) de l’Ouest donne des précisions sur l’impact des produits sanitaires sur l’environnement.
Par Rosette Ombessack
Quel impact l’utilisation déraisonnée des intrants chimiques agricoles dans les champs a-t-il sur l’environnement à court et à long terme ici à l’Ouest en général et à Bafoussam en particulier ?
L’utilisation excessive et souvent non maîtrisée des pesticides constitue
aujourd’hui une préoccupation environnementale majeure dans notre
région, fortement marquée par les activités agricoles. À court terme, ces
produits peuvent contaminer les sols, les cours d’eau, les sources et les
nappes phréatiques. Ils affectent également les organismes utiles à l’agriculture tels que les abeilles, les vers de terre et d’autres insectes pollinisateurs indispensables à la production agricole. Les populations
riveraines peuvent aussi être exposées à des risques sanitaires à travers
l’eau ou les aliments contaminés.
À long terme, les conséquences sont encore plus préoccupantes. On observe une dégradation progressive de la fertilité des sols, une perte de biodiversité, une perturbation des écosystèmes et une diminution de la qualité des ressources en eau. Dans des zones à forte pression agricole comme Bafoussam et ses environs, ces effets peuvent compromettre durablement la productivité agricole et la résilience des écosystèmes face aux changements climatiques. L’environnement est un patrimoine commun. Sa préservation passe nécessairement par une utilisation
raisonnée des intrants agricoles et le respect des bonnes pratiques agricoles.
Si rien n’est fait pour stopper le malaise, qu’adviendra-t-il aux générations futures ?
Si nous continuons sur cette voie sans mesures correctives, les générations futures risquent d’hériter d’un environnement fortement dégradé. Nous pourrions assister à l’appauvrissement des terres agricoles, à la raréfaction de l’eau potable, à la disparition de nombreuses espèces animales et végétales ainsi qu’à une baisse significative des rendements agricoles.
Cette situation pourrait accentuer l’insécurité alimentaire, la pauvreté
rurale et les problèmes de santé publique. Au-delà des conséquences environnementales, c’est également le développement économique et social de notre région qui serait compromis.
Que fait la délégation régionale de l’environnement pour pallier la
situation ?
La délégation régionale du Minepded de l’Ouest mène plusieurs actions visant à réduire les impacts environnementaux liés à l’utilisation abusive des pesticides. Nous organisons régulièrement des campagnes de sensibilisation et d’éducation environnementale à l’endroit du grand
public sur les dangers liés à l’usage inapproprié des produits phytosanitaires. Des émissions radio sont également produites pour sensibiliser les populations à cet effet. Nous travaillons en étroite collaboration avec les services déconcentrés du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, les collectivités territoriales décentralisées, les organisations de la société civile et les partenaires techniques pour encourager l’agriculture durable, la lutte biologique et les alternatives écologiques aux pesticides chimiques. Nous accompagnons les initiatives de restauration des écosystèmes et de reboisement, qui contribuent à renforcer la résilience environnementale de notre région.
Qu’on utilise les pesticides de la bonne ou de la mauvaise façon, n’y aura-t-il pas toujours un impact sur l’environnement ?
Oui. Même lorsqu’ils sont utilisés conformément aux recommandations
techniques, les pesticides ont toujours un certain impact sur l’environnement. La différence réside surtout dans l’ampleur de cet impact. L’utilisation raisonnée permet de réduire les risques, mais ne les élimine pas totalement.



