Opération Aalfa : Plus de 118 000 agents publics encore attendus

À l’issue de la première phase de l’opération d’Audit des allocations familiales, un peu plus d’un tiers des agents publics s’est fait recenser, avec des retardataires qui risquent des sanctions financières.

Par Ulrich Enyegue

La deuxième phase de l’opération d’Audit des allocations familiales (Aalfa) a officiellement démarré le 25 juillet dernier. Au cours d’un point de presse donné par le Directeur général du budget, représentant le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, un bilan très mitigé de la première étape a été présenté. Seulement 61 856 allocataires ont été recensés sur les 180 806 attendus. Ce chiffre représente un faible taux de réalisation de 34,2 %. Les agents recenseurs ont tout de même pu collecter et vérifier 301 083 actes de naissance. Les autorités déplorent cependant une affluence massive et tardive. Près de 30 % des dossiers ont en effet été déposés lors des trois derniers jours de cette première période.

La tâche reste donc colossale pour l’administration. Elle attend précisément 118 950 agents publics à auditer. Ces retardataires ont jusqu’au 15 août 2026 pour se mettre en règle. Le Directeur général du budget les exhorte à se rendre rapidement auprès de leurs banques ou des trésoreries générales. Ils doivent impérativement s’y présenter munis d’un dossier complet. Passé ce délai de rigueur, l’État passera à la phase répressive. Les allocations liées aux enfants non recensés seront purement et simplement suspendues. Le gouvernement engagera également des procédures strictes pour récupérer toutes les sommes perçues de manière indue en cas de fraude.

Cette opération sans précédent répond à une véritable urgence budgétaire. Le ministère des Finances a découvert une trajectoire statistique totalement anormale au sein du fichier solde de l’État. En seulement vingt-et-un mois, le nombre d’enfants déclarés à charge a bondi de 55 %. Les registres sont passés de 594 728 enfants pris en charge en juin 2024 à 923 307 en mars 2026. L’enveloppe financière dédiée à ces prestations a logiquement explosé, passant de 21 milliards à 38 milliards Fcfa en moins de deux ans.

Une dérive qui cache de multiples fraudes massives. Certains agents publics sont soupçonnés de gonfler artificiellement leurs salaires en déclarant des enfants fictifs, des enfants décédés ou en effectuant des doubles déclarations. L’objectif final de l’opération d’Audit des allocations familiales lancée par le gouvernement vise donc à extirper les fraudeurs et à assainir durablement les finances publiques.