Rapatriement des biens culturels : Le numérique, un atout

Par Wamba Sop 
 
Les travaux de la mission de benchmarking Cameroun-Colombie sur le rapatriement des biens culturels illégalement exportés ont abordé un pent important, le numériques. Présentée par Marie Thierry Edjoa, directrice du Patrimoine culturel, le 10 juillet dernier, cet échange a mis en lumière le rôle du numérique dans la lutte contre le trafic illicite des biens culturels. L’exposé, centré sur le thème « Outils numériques, bases de données et interopérabilité », a souligné que la traçabilité et la preuve reposent désormais autant sur les technologies numériques que sur les moyens matériels. Dans cette perspective, le Cameroun entend accélérer la transition numérique de son patrimoine autour de trois axes.

Le premier consiste à numériser les biens culturels grâce à des fiches signalétiques en trois dimensions comprenant des photographies haute définition, des scans 3D, les caractéristiques physiques, les matériaux, l’état de conservation, le contexte culturel et la géolocalisation des objets. Le deuxième axe vise à centraliser les données au sein d’une base nationale du patrimoine. Celle-ci permettra d’établir un inventaire du patrimoine mobilier public et privé classé, de délivrer les certificats obligatoires d’exportation et de signaler automatiquement les objets volés, disparus ou recherchés. À terme, cette base constituera une véritable « banque des preuves » pour appuyer les demandes de restitution formulées par le Cameroun. Enfin, le troisième axe porte sur l’interopérabilité, avec l’interconnexion de la base nationale aux plateformes internationales, notamment celles d’Interpol Psyche, de l’Unesco, des musées étrangers et de la Liste rouge du Conseil international des musées (Icom). L’objectif est de renforcer la coopération internationale et d’être alerté en temps réel lorsqu’un bien culturel camerounais est identifié à l’étrange