À 10 jours de la fin de l’opération, fixée au 31 juillet 2026, le Minat vient en renfort et mobilise les autorités administratives pour boucler le processus.
Par Michel Enony
L’échéance arrive le 31 juillet prochain. Le 4e Recensement général de la population et de l’habitat, couplé au Recensement général de l’agriculture et de l’élevage (4Rgph-Rgae), entre dans la dernière ligne droite. Et, à 10 jours du délai, de nombreux ménages attendent toujours le passage des agents recenseurs. Au quartier Simbock, arrondissement de Yaoundé 6e, la famille Tsengue n’a toujours pas vu un agent recenseur se pointer à la porte. « Jusqu’ici, on attend toujours. Peut-être qu’ils viendront durant la semaine », espère la mère de famille.
Une situation qui inquiète les autorités, au point que le ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji, a adressé le 17 juillet une instruction « très urgente » à tous les sous-préfets. Il les instruit de « se rendre personnellement sur le terrain pour corriger en urgence les performances médiocres actuellement enregistrées dans certaines unités administratives ».
Lancées le 24 avril dernier avec un budget initial de 13 milliards Fcfa, les opérations de collecte ont buté sur une série d’obstacles. Ce qui a conduit le Premier ministre à signer un décret de prorogation, le 29 mai 2026 de deux mois, et une rallonge budgétaire de 6 milliards Fcfa. Pour sauver les meubles alors qu’il tend à sa fin, le Minat demande aux administrateurs, « en conséquence de bien vouloir mobiliser chefs traditionnels, responsables de partis politiques, responsables religieux, élus, forces vives, acteurs sociaux (…) à l’effet d’appuyer les agents recenseurs à cet égard ». Non sans les enjoindre de conduire eux-mêmes les opérations sur le terrain et de manière quotidienne jusqu’à échéance.
L’urgence signalée, l’impératif est de boucler le processus de dénombrement dans les délais. Ceci afin d’éviter une autre prorogation, ou un échec. Pour cela, les différents acteurs interpellés devront mettre la main à la pâte. « En tout état de cause, vous prendrez toutes mesures d’urgence qu’exige la situation actuelle peu reluisante en vue d’assurer le maillage effectif et total sur l’ensemble de vos circonscriptions administratives », peut-on lire dans la note adressée à l’endroit des « chefs de terre ».
Un point quotidien sur l’évolution du dénombrement après évaluation doit être réalisé. En revanche, la coordination chargée du double recensement mettra à leur disposition des facilités de travail. Et de conclure : « vous vous assurerez que les performances médiocres actuellement enregistrées dans certaines unités administratives soient corrigées en urgence au plus tard le 31 juillet 2026 », indique Paul Atanga Nji.
À quelques jours de l’échéance, le compte à rebours s’accélère. Les prochains jours diront si ce sursaut permettra au Cameroun de disposer enfin de données fiables, 21 ans après le dernier recensement de 2005.



