International Budget Partnership : Lancement des activités du Bureau régional Afrique francophone

Cette nouvelle plateforme entend renforcer la transparence budgétaire, la participation citoyenne et la redevabilité dans onze pays, en accompagnant plusieurs acteurs dont les gouvernements.

Par Michel Ferdinand

A partir de Dakar au Sénégal où elle est installée, International Budget Partnership (IBP), une organisation internationale qui œuvre en faveur de la transparence, de la redevabilité et d’une gestion inclusive des finances publiques, a officiellement lancé les activités de son Bureau régional Afrique francophone hier mercredi, 22 juillet 2026. Une plateforme qui veut répondre « aux nouveaux défis de la gouvernance publique », renseigne-t-on, dans un contexte où « les pays africains font face à une augmentation de la dette publique, à la diminution de l’aide internationale, aux conséquences du changement climatique et à une pression croissante sur les finances publiques ».

Au regard de ces défis, « la qualité de la gouvernance budgétaire devient un levier essentiel pour préserver les investissements dans les services publics et répondre aux attentes des citoyens ». Dans ce sillage, ce lancement a été marqué par un webinaire jugé de haut niveau, intitulé : « Lancement du Bureau régional d’IBP en Afrique francophone : Pour des systèmes budgétaires qui profitent à tous ! ».

Au plan opérationnel, IBP Afrique francophone « accompagnera les réformes en matière de transparence budgétaire, de participation citoyenne et de redevabilité des finances publiques » dans onze pays, « en favorisant le partage d’expériences, la production de données probantes et le dialogue entre les acteurs publics et la société civile ». Il s’agit du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de Madagascar, du Mali, du Niger, de la République démocratique du Congo, du Sénégal, du Tchad et du Togo. Par ailleurs, l’organisation « contribuera à accélérer les réformes et à faire des budgets un véritable levier de développement inclusif ».

Agir ensemble

Les acteurs qui bénéficieront de cet accompagnement sont, entre autres, les gouvernements, les institutions de contrôle, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers. L’objectif étant de renforcer la transparence budgétaire, la participation citoyenne et la redevabilité dans les pays cibles. « Les pays francophones d’Afrique partagent des cadres institutionnels communs, à commencer par les directives de convergence budgétaire de l’Uemoa, mais aussi des défis similaires en matière de transparence, de participation et de redevabilité », explique Maleine Amadou Niang, directeur régional d’IBP Afrique francophone. Il poursuit : « C’est cette combinaison – une architecture institutionnelle commune, des défis de réforme similaires et la possibilité d’amplifier ce qui fonctionne au-delà des frontières- qui justifie aujourd’hui notre ancrage régional. Plus qu’un simple élargissement du réseau, nous faisons le pari que les progrès en matière de gouvernance budgétaire seront plus rapides lorsque les acteurs de la réforme pourront apprendre les uns des autres et agir ensemble ».

Avant le lancement en question, les résultats de l’Enquête sur le budget ouvert (EBO) indiquent que des progrès peuvent être réalisés en la matière en Afrique subsaharienne. Entre 2012 et 2025, par exemple, « le Bénin a fait progresser son score de transparence de 1 à 77. Depuis 2023, le Bénin a gagné 21 points en participation citoyenne et 11 points en contrôle institutionnel ». A côté, « la Côte dIvoire, le Cameroun et Madagascar enregistrent également des progrès significatifs. Seuls 15 % des pays publient des informations minimales sur les dépenses fiscales. Seulement 12 % publient des données satisfaisantes sur la composition prévisionnelle de leur dette ».

On retient également de ces résultats que « parmi les pays francophones du pilote EBO 2025 sur la dette, seul le Bénin publie un plan d’emprunt aligné sur son budget et aucun ne publie d’audit annuel de la dette ». Il y a donc des avancées à encourager et des défis persistants à relever en Afrique francophone.