Snh : Paul Biya fait (encore) parler de lui depuis Genève

En séjour privé en Suisse il y a plus de 40 jours, le président de la République a signé deux décrets,  le 22 juillet dernier, nommant deux membres au conseil d’administration de cet établissement à capital public.

Par Michel Ferdinand

Au moment où la polémique enfle autour de l’absence prolongée de Paul Biya, en séjour privé en terre helvétique, le président de la République vient une fois de plus de frapper un autre coup. En effet, à travers deux décrets signés hier mercredi, 22 juillet dernier, le chef de l’État a nommé deux nouveaux administrateurs à la Société nationale des hydrocarbures (Snh), la compagnie pétrolière nationale du Cameroun. Ainsi, Guy Emmanuel Sabikanda, maire de la ville de Kribi, remplace Jules Mana Nschwangele, décédé. Tout comme Abdoulaye Yerima Bakari, le lamido de Maroua, prend la place de Fritz Gérald Nasako, lui aussi rappelé à Dieu. Les deux nouveaux élus y seront en qualité de personnalités désignées par le président de la République, précise le même décret.

 

Un acte présidentiel qui, au-delà de vouloir assurer la représentation de l’État actionnaire, orienter la stratégie de l’entreprise, valider les budgets et garantir les missions de service public et des lois en vigueur, peut être interprété comme une réponse à la controverse qui a cours dans plusieurs milieux. Une réaction qui vise sans doute à contredire une opinion qui pense que le président de la République « a abandonné le peuple qui l’a élu » et par conséquent, « ne travaille pas ». Cette autre signature de Paul Biya, en séjour en Genève, tombe après quelques textes portant promotion, le 25 juin dernier, aux grades supérieurs, des personnels officiers d’active des forces de défense inscrits au tableau d’avance de grades au titre du second semestre de l’année budgétaire 2026, ainsi que des télégrammes officiels adressés à certains homologues.

La sortie du chef de l’État intervient également à un moment où une certaine actualité autour de la Snh fait les choux gras de la presse. Il y a ce rebondissement lié au projet CSTAR, où l’ancien bâtonnier, Me Akere Muna, suspecte Nathalie Moudiki d’usurper la signature d’Adolphe Moudiki, l’Administrateur directeur général (Adg) de la Snh. La Cameroon Secured Tank Fam & Refinery (CSTAR), chargée de la construction de la seconde raffinerie du Cameroun à Kribi, est une entité offshore dans laquelle la Snh détient une participation de 20% aux côtés des entreprises comme Tradex et Ariana Energy. Il y a aussi le récent coup de colère de Nathalie Moudiki, l’épouse d’Adolphe Moudiki et conseiller N°2 à la direction générale de la Snh, dans laquelle elle a menacé de sanctions les détracteurs de Paul Biya et d’Adolphe Moudiki. Elle a ainsi mis en garde le personnel de la Snh contre tout manque de respect vis-à-vis de ces « icônes qui sont respectées hors du Cameroun. C’est nous qui ne voyons pas la valeur de ces grands hommes. Nous sommes enviés. Respectez les monuments », a-t-elle fulminé.