Commune d’Ayos : Le trophée n’a pas rangé les pelles

Des habitants ont répondu à l’appel du maire, le 22 octobre 2026, pour la traditionnelle campagne d’hygiène et salubrité, après la première place remportée aux concours « villes propres » 2026.

Michel Enony

Le rendez-vous était fixé à 7h. La route s’étire entre les arbres, bordée d’herbes qui gagnent sur ses accotements. Au loin, des silhouettes se détachent dans la lumière du matin. Elles avancent par petits groupes, puis se rejoignent, jusqu’à former un long cortège. Aux pieds, des bottes. Sur les épaules, des houes et des pelles. Dans les mains, des machettes et des râteaux. Le bruit des pas se mêle au froissement des feuilles et au cliquetis des outils. Tous prennent la direction du village d’Obis, au carrefour Asso-Abam.

Ce jeudi 22 octobre, le village est devenu le point de convergence de la commune d’Ayos. Depuis les 57 villages et quartiers de la municipalité, les comités d’hygiène et de salubrité ont été conviés à ce rendez-vous qui ouvre le 4e trimestre de la campagne communale. L’appel avait été lancé trois jours plus tôt, dans un communiqué radio-presse signé du maire, Paul Ndongo Biko’o. « C’est important en tant qu’habitante de participer à cette activité. Vous-même, vous voyez comment notre arrondissement est propre et beau. Ça nous fait honneur », soutient Séraphine Ada.

À mesure que les groupes arrivent, le carrefour change de visage. Des jeunes côtoient des hommes et des femmes plus âgés. Certains s’installent sur des souches, d’autres restent debout, leurs outils posés à portée de main. « La brigade d’hygiène et de salubrité publique est sortie pour rendre notre arrondissement propre », ajoute Louis Ambela. Au centre, un homme en tunique verte, coiffé d’un chapeau, tient un dispositif de sonorisation. Les regards convergent vers lui. Les conversations s’estompent. Le rassemblement prend des airs de prise d’armes, à ceci près que les instruments de cette mobilisation sont des machettes, des houes, des pelles et des râteaux.

Les machettes entrent dans les broussailles. Les herbes ploient, puis s’affaissent sous les coups répétés des lames. Les houes attaquent la terre. Les pelles dégagent les abords de la chaussée. « On défriche les herbes qui envahissent les accotements ; là, on s’attaque aux fossés qu’il faut curer. D’autres équipes procèdent au remblaiement des parties dégradées », explique André Thierry Dallas.

La pluie complique les gestes, mais les équipes poursuivent leur progression. Le cantonnage, engagé sur les routes communales, mobilise les bras et les énergies. Il s’agit de dégager les voies, de faciliter la circulation des véhicules et le passage des piétons, mais aussi de rendre aux abords des routes un espace que les herbes et les dépôts finissent par reconquérir.

Au milieu des équipes, le maire, Paul Ndongo Biko’o, salue la mobilisation des comités de villages et de quartiers. Le classement d’Ayos aux différents concours « Villes propres » 2026 n’est pas moins le motif de cette intervention. La commune a décroché la première place au niveau national, régional et départemental ; il reste désormais à la conserver. Derrière le succès, il y a un autre impératif : « Maintenir les efforts dans la durée, au-delà de la distinction obtenue », insiste le maire.

Le message adressé aux comités est celui de la vigilance. La campagne ne se limite pas à une journée de mobilisation ni à une cérémonie de lancement. Elle doit se poursuivre au fil des semaines, dans les villages et les quartiers, au rythme des opérations d’entretien et de salubrité. Les responsables locaux sont appelés à rester mobilisés.

Sur la route, les outils continuent de frapper. Les herbes coupées s’amoncellent sur les côtés. Les équipes se déplacent au gré des tâches, chacune à son rythme, tandis que la pluie accompagne les gestes. Le carrefour Asso-Abam, qui quelques heures plus tôt concentrait les arrivées et les prises de parole, devient le point de départ d’un chantier à l’échelle de la commune.

Continuité

La première place remportée par Ayos au concours des villes 2026 donne à cette campagne une portée particulière. Elle consacre un résultat, mais expose aussi la municipalité à une exigence : « Faire de l’entretien du cadre de vie une pratique régulière, plutôt qu’un effort réservé aux grandes occasions. La mobilisation des 57 villages et quartiers constitue, à cet égard, l’un des leviers de cette continuité. »

Le lancement est passé ; le chantier, lui, continue. Et avec lui, la question qui accompagne désormais la commune : comment rester au sommet une fois le prix remporté ? « La propreté à Ayos, c’est après la prière. Nous ne faisons pas la propreté parce qu’il y aura le concours ; après la prière du matin, c’est la propreté pour toutes les Ayossiennes et tous les Ayossiens », répond le magistrat municipal. La réponse se cherche aussi au ras du sol, dans l’entretien des chemins et des accotements, un coup de machette après l’autre.

Repères

 Commune d’Ayos 

Superficie : 1 250 km²

57 villages

Plus de 30 000 habitants

1er au niveau national au concours « Ville propre » 2026

1er au niveau régional

1er dans le département de la Mefou-et-Afamba

Note moyenne : 99/100