Agriculture biologique : Le déficit d’intrants naturels freine le processus 

Les acteurs du secteur privé se sont réunis en atelier le 12 octobre 2026 à Yaoundé, sous le patronage du Conseil économique et social du Cameroun, pour encourager l’investissement dans cette filière.

Rosette Ombessack 

Vers un changement de paradigme !

L’indisponibilité d’intrants naturels bloque le développement de l’agriculture biologique au Cameroun. C’est pour apporter une solution à cette situation que les acteurs du secteur privé se sont réunis en atelier le 12 octobre 2026 à Yaoundé. Organisé par le Centre polyvalent de formation de Mbouo-Bandjoun (Cpf), en collaboration avec le Pôle de connaissances pour l’agriculture biologique et l’agroécologie en Afrique centrale (Pcac), il a été question, sous la direction du Conseil économique et social du Cameroun, de présenter aux opérateurs économiques trois modèles d’affaires en agriculture biologique et agroécologique.

Une rencontre importante au regard des enjeux autour de l’agriculture biologique. « Nous pensons qu’en boostant encore nos sols, nous pouvons relever notre agriculture. Et pour cela, nous avons besoin des opérateurs économiques pour pouvoir mettre à disposition les intrants biologiques pour que cette agriculture soit exercée avec une certaine sérénité et une certaine envergure », indique Diane Pountcheu, directrice du Cpf. Pour aller dans le même sens, le secrétaire général du Conseil économique et social du Cameroun, Zacharie Ngoumbe, précise que cet atelier est un pas de plus dans la marche du Cameroun vers une agriculture biologique marchande. 

Il rappelle d’ailleurs que d’importants textes de loi ont été récemment pris pour encadrer le secteur de l’agriculture biologique et tenir compte des aspirations des populations qui ont contribué, en termes de nutrition équilibrée, mais surtout de santé. « Voilà pourquoi le Conseil économique et social a pris à cœur d’accompagner ces acteurs pour que l’agriculture biologique sorte de son caractère d’agriculture de subsistance pour devenir véritablement une agriculture marchande au plan industriel, national. Et même que ce soit une source d’exportation pour rééquilibrer notre balance commerciale fortement entamée par les importations d’engrais chimiques », poursuit-il. 

Quant au médecin biologiste Ruth Ngongang, qui s’est appesantie sur le volet santé, les engrais chimiques ont de forts impacts sur la santé humaine et environnementale. « D’après les études, les produits utilisés dans la fabrication des engrais chimiques sont à l’origine des maladies telles que l’hypertension, le diabète, les cancers », renseigne-t-elle. Elle ajoute qu’on a remarqué que les sols sont devenus secs et arides à cause de l’utilisation des produits chimiques qui absorbent toutes les substances nutritives et qui détruisent les sols.