Les premières déclarations du second expert commis dans cette affaire ouvrent une nouvelle piste dans ce dossier.
Par Rebara Habra
Le public a, une fois encore, quitté la salle d’audience du Tribunal militaire de Yaoundé avec un sentiment d’inachevé, toujours en quête de vérité. Après le Pr Georges Bell Bitjoka, premier expert commis dans le cadre de l’affaire Martinez Zogo, le commissaire du gouvernement a présenté un second expert judiciaire en cybercriminalité. Il s’agit de Jean Pierre Oloumou. Le fonctionnaire à la retraite n’a toutefois pas achevé la présentation de sa déposition hier devant la juridiction militaire. Ses premières déclarations ont néanmoins suscité de nouvelles interrogations dans la salle d’audience. Le rapport d’expertise présenté pourrait ouvrir de nouvelles pistes dans cette procédure.
Selon l’expert, le défunt animateur radio Martinez Zogo « était un informateur régulier du ministre secrétaire général de la présidence de la République et du directeur du cabinet civil adjoint ». Il aurait régulièrement transmis des informations et des accusations mettant en cause le promoteur du groupe L’Anecdote, Jean-Pierre Amougou Belinga, ainsi que le directeur de la sécurité présidentielle. Les informations communiquées par l’ancien animateur concernaient également plusieurs dossiers sensibles, notamment « la Task force », le « Covidgate », le « Olembé-gate », la « ligne 94 », l’affaire « PAD-Bolloré » et le « cabinet Ottou ».
Complément d'expertise
Dans son rapport, l’expert a également indiqué que l’ancien directeur des opérations de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), le colonel Justin Danwé, accusé dans cette affaire, entretenait des échanges avec l’ancien maire de Bibey, dans la Haute-Sanaga, Savom Martin, lui aussi poursuivi. Jean Pierre Oloumou n’a cependant pas apporté davantage de précisions sur ses conclusions. L’audience a été renvoyée à ce jour afin de permettre aux différentes parties constituées de disposer du même exemplaire du rapport d’expertise.
Avant l’arrivée de cet expert devant la barre, la partie civile et l’avocat de l’État du Cameroun, civilement responsable, avaient introduit une demande de complément d’expertise à la suite du travail réalisé par le Pr Georges Bell Bitjoka. La Défense s’était opposée à cette requête, en invoquant l’article 319 du Code de procédure pénale, qui prévoit qu’une expertise peut être ordonnée lorsque la juridiction l’estime nécessaire à la manifestation de la vérité. Après les arguments et contre-arguments des différentes parties, le Tribunal a finalement rejeté cette demande. Une décision jugée insuffisamment motivée par la partie civile.



