
En plein processus de transfert des parts du groupe sud-africain Tiger Brands de la Chocolaterie confiserie camerounaise au fonds d’investissement Minkama Capital, les employés manifestent une colère doublée d’inquiétudes.
Michel Ferdinand
Le climat social est tendu au sein du personnel de la Chocolaterie confiserie camerounaise (Chococam), une entreprise agroalimentaire basée à Douala et spécialisée dans la fabrication des produits à base de chocolat et des bonbons. On s’en convainc par le déploiement des délégués du personnel, qui frappent à presque toutes les portes depuis quelque temps. Puisqu’ils en veulent au top management de la filière locale d’avoir pratiquement exclu les employés du processus en cours, lequel devrait aboutir en 2026 à la cession des 74,69% des parts du groupe sud-africain Tiger Brands de Chococam au fonds d’investissement Minkama Capital.
Une opération de rachat dans laquelle les employés veulent avoir voix au chapitre. « Depuis plus d’un an, la direction générale locale (l’Administrateur directeur général-ADG) mène un processus de cession totalement opaque, viole les lois sociales du Cameroun, fait obstruction aux autorités de régulation et détruit méthodiquement nos acquis sociaux historiques. Le personnel navigue entre frustration extrême et détresse », lit-on dans un document daté du 27 juillet 2026 et adressé à Food and Allied Workers Union (FAWU) en Afrique du Sud.
Les griefs sont en même temps énumérés : la confiscation et gestion opaque du Fonds de solidarité, la confiscation et asphyxie de la Mutuelle du personnel, le bafouage de la retraite complémentaire, la diminution des dotations de produits, etc. Sur ce, les employés exigent l’examen attentif et prioritaire de leurs doléances par le Conseil d’administration à Johannesburg, la négociation et la garantie écrite d’une prime de bonne séparation, la transparence totale et la reddition de comptes de la part de la direction locale concernant la gestion abusive et le gel des fonds de leurs entités autonomes (Fonds de solidarité, Mutuelle et retraite complémentaire. Il y a près de six mois, la situation a été portée à la connaissance du ministre du Travail et de la Sécurité sociale (Mintss).
Le 20 avril 2026, les délégués du personnel ont échangé le CEO et le Directeur administratif et financier (Daf) du groupe Tiger Brands à Yaoundé, avec la remise par ces délégués d’un protocole d’accord. Jusqu’ici rien n’a changé. Toutes les initiatives entreprises semblent être vaines. Le cri du personnel sera-t-il finalement entendu par les repreneurs avant la conclusion de ladite cession ? Rien n’est moins sûr. Toujours est-il que la réaction de la filiale locale reste attendue, notamment dans un dossier qui va au-delà des frontières nationales.



