Trafic d’ivoires : Quatre individus au tribunal

Inculpés pour la détention illégale de ces produits issus d’espèces protégées, ces derniers, parmi lesquels deux ingénieurs, comparaîtront devant le TPI d’Ebolowa ce 25 octobre 2024.


Par Désiré Domo


Quatre trafiquants présumés, deux ingénieurs et deux autres personnes, comparaîtront devant le Tribunal de première instance d’Ebolowa ce 25 octobre, pour répondre de leurs actes. Ils ont été inculpés pour détention illégale de quatre défenses d’éléphants. Les individus, dont un ingénieur forestier, un ingénieur électromécanicien, un enseignant du secondaire et un autre suspect, ont été arrêtés le 23 juillet dernier lors d’une opération coup de poing menée par les agents de la Délégation régionale des Forêts et de la Faune du Sud, en collaboration avec la Division régionale Sud de la Police judiciaire.

L’affaire a été entendue pour la dernière fois lors de l’audience du 23 août 2024 et a ensuite été renvoyée au 25 de ce mois  en cours pour comparution des parties et débats. L’Ong Laga (Last Great Ape Organization), une organisation d’appui à l’application de la loi sur la faune sauvage, assiste les agents du Minfof (ministère des Forêts et de la Faune) dans la procédure judiciaire.

Le trafic d’espèces animales se porte bien dans le Sud.

Le commerce de l’ivoire est intense dans la région du Sud, ce qui en fait une zone à haut risque pour les éléphants. En août, les douaniers ont saisi 15 défenses d’éléphants à Ambam, dans le département de la Vallée-du-Ntem. 120 défenses d’éléphants y avaient également été saisies en 2021. 216 défenses et 81 queues d’éléphants avaient été saisies à Djoum en 2017. Ces saisies représentent environ 85 éléphants tués, compte tenu du fait que chaque éléphant possède une paire de défenses.

Les éléphants sont totalement protégés au Cameroun et, malgré l’interdiction du commerce de l’ivoire, ces animaux sont toujours tués, probablement en raison de la légèreté des décisions de justice qui ne dissuadent pas suffisamment les trafiquants. Les quatre suspects sont passibles d’une peine d’emprisonnement allant jusqu’à trois ans et d’une amende pouvant aller jusqu’à 10 millions Fcfa s’ils sont reconnus coupables, conformément aux dispositions de la loi de 1994 sur la faune et la flore.

Cependant, la nouvelle loi sur la faune, promulguée le 24 juillet 2024, prévoit des sanctions plus sévères pour ce type d’infraction. L’article 173 de cette loi prévoit une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 20 ans et une amende allant jusqu’à 50 millions  Fcfa.