Dans une interview accordée le 28 août 2026 au quotidien bilingue national, le ministre de l’Eau et de l’Énergie situe sur la solution envisagée pour sauver ce marketer en difficulté financière.
Michel Ferdinand

Après plusieurs semaines de pénurie de gaz domestique sur le marché, notamment de la marque Sctm (Société camerounaise de transformation métallique), le gouvernement explore une voie de sortie de crise. Ainsi, dans une interview accordée à Cameroon Tribune et publiée dans son édition du 28 août 2026, le ministre de l’Eau et de l’Énergie (Minee), Gaston Eloundou Essomba, pense que « la situation de Sctm mérite naturellement toute notre attention, au regard de la place de cet opérateur dans la chaîne de distribution du gaz domestique et des conséquences que ses difficultés peuvent avoir pour une partie des consommateurs ».
Cette sortie intervient au moment où les consommateurs, détenteurs de bouteilles Sctm, à défaut de s’approvisionner en gaz, les vendent déjà à vil prix pour acquérir celles des autres marketers. Que proposent les pouvoirs publics ? « À cet égard, le gouvernement a instruit le directeur général de la Csph de mener des concertations entre Sctm et ses créanciers, qui sont des importateurs de Gpl [gaz de pétrole liquéfié, Ndlr], afin de trouver des solutions relatives à l’apurement de ses dettes. Il n’est pas inutile de rappeler que Sctm est un acteur majeur de la chaîne de distribution du Gpl et qu’elle détenait, par le passé, plus de 50 % des parts de marché. Il apparaît donc normal que les détenteurs de bouteilles de cette marque connaissent des désagréments liés à la disponibilité dudit produit sur le marché national », explique Gaston Eloundou Essomba. Dans ce secteur d’activité, la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (Csph) joue le rôle de régulateur. Le Minee reconnaît, toutefois, q’« avec la libéralisation du secteur pétrolier aval impulsée par le chef de l’État, plusieurs opérateurs ont fait leur entrée dans la distribution du Gpl, ce qui a permis de réduire la position dominante dont jouissait Sctm ». Dans ce sillage, « à ce jour, le secteur de la distribution du Gpl compte 22 sociétés agréées pour l’exercice de cette activité, ce qui offre aux consommateurs une multitude de choix pour se procurer ledit produit ».
Dans cette sortie médiatique, Gaston Eloundou Essomba ne manque pas d’évoquer les difficultés liées au secteur pétrolier aval. « Par le passé, l’approvisionnement du pays en gaz domestique était assuré par la Sonara à hauteur de 20 % et par les importations à hauteur de 80 %. Avec l’entrée en service du dépôt Snh de Bipaga en 2018, la production locale est passée à 35 %. Malheureusement, à la suite du sinistre survenu à la Sonara en mai 2019, la production locale est redescendue à 20 %. À ce jour, avec le départ du navire LNG Hilli Episeyo, l’approvisionnement du pays est entièrement assuré par les importations ».
Libéralisation
Parallèlement, poursuit-il, « l’emplissage des bouteilles, quant à lui, s’effectuait dans quatre centres emplisseurs situés à Douala, Yaoundé, Bafoussam et Ngaoundéré. Le gouvernement, à travers la Csph, a construit trois autres centres à Maroua, Bertoua et Bamenda, portant ainsi leur nombre à sept. Il convient également de relever que le secteur privé a contribué au développement de cette activité à travers la construction de centres emplisseurs ». Parlant spécifiquement du gaz domestique, le Minee rappelle que « les bouteilles de gaz en circulation étaient entièrement importées. Grâce aux mesures prises par le gouvernement dans le cadre de la politique d’import-substitution, deux entreprises, Progaz et Africa Cylinder, ont vu le jour à Douala et fabriquent désormais localement des bouteilles de gaz ». Ce n’est pas tout. « De plus, grâce à la libéralisation du secteur impulsée par le chef de l’État, le nombre de marketeurs/distributeurs de gaz domestique n’a cessé de croître, passant de cinq avant les années 2000 à vingt-deux en 2025. Les mises à la consommation ont également augmenté, passant de 33 125 tonnes métriques à 216 500 tonnes métriques au cours de la même période ». Pour le Gpl, la demande croît en moyenne de 15% chaque année.
Les données du marché ont donc évolué. « Cette croissance de la consommation résulte de l’évolution démographique et des mesures mises en place par le gouvernement afin de rendre le gaz domestique disponible sur l’ensemble du territoire national ». Dans ce contexte, les projets implémentés par la Société camerounaise des dépôts pétroliers (Scdp) visent à atteindre l’objectif du gouvernement, qui ambitionne de porter le taux d’accès des ménages utilisant le gaz domestique à 70% à l’horizon 2030, contre 40% actuellement.


