Retour triomphal : Yaoundé embrase les nouvelles reines d’Afrique

 

Accueillies à l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen, au Mont Fébé puis à la Fecafoot le 17 août 2026, les Lionnes indomptables sacrées championnes d’Afrique au Maroc ont reçu les honneurs de la nation, un bonus de 32 millions Fcfa et un téléphone portable neuf chacune. 

Désiré Domo 

Le camp de base assiégé par un public en extase.

 

Hôtel Mont Fébé de Yaoundé, 17 août 2026. Il est 14h05. Après près de 10 mn de route depuis le rond-point Bastos, le conducteur du bicycle nous dépose net devant le premier poste de sécurité jouxtant l’hôtel. « Bonjour monsieur, est-ce que vous pouvez vous présenter ? » lance un agent de sécurité, tout de jaune vêtu, visage fermé, à votre journaliste. « Je suis journaliste. Voici ma carte de presse », lui réplique-t-on. « C’est bon monsieur, vous pouvez y aller », enchaîne-t-il, le sourire en coin.

Une fois cette première barrière franchie, cap vers l’intérieur de l’hôtel. Là encore, passage obligé au scanner pour traverser le dispositif policier bien installé. Curieusement, l’agente, d’un ton doux, déclare : « Passez monsieur ». Du premier poste au second, un constat s’impose : un calme plat habite les locaux de l’institution hôtelière. Pas l’ombre d’une personne dehors. Pas de voix d’homme. Constat presque similaire à l’intérieur de la bâtisse. Tout est minutieusement rangé. Mais la grande affluence des grands jours a cédé sa place à un calme olympien. Rien n’annonce l’arrivée des nouvelles championnes d’Afrique. Seul le tapis rouge déroulé à l’entrée laisse présager l’arrivée d’invités de marque. Oui ! Il s’agit bien des Lionnes indomptables du Cameroun, de retour du Maroc, auréolées de leur nouvelle tunique de reines d’Afrique.

Le silence se brise

30 mn plus tard, le silence de cimetière cède progressivement la place à des va-et-vient du personnel de l’hôtel. Puis, un groupe mixte policiers-gendarmes fait son entrée. Les choses commencent à bouger de part et d’autre de l’établissement. Ça s’active et ça bavarde déjà dans le couloir.  « Les Lionnes arrivent bientôt », souffle discrètement un agent d’entretien à son collègue vigile qui, lui, est sur le point de rentrer : « Moi j’ai terminé ma journée de travail. Je peux déjà partir en paix ». Les quelques journalistes et photographes qui ont choisi de rallier directement le site d’hébergement des nouvelles reines d’Afrique positionnent déjà leurs appareils de prise de vue et de son. Quelques fans des Lionnes, alertés plus tôt dans la matinée, sont déjà dans la place. « Elles sont déjà à quel niveau ? » questionne l’une d’entre elles, sans obtenir de réponse, chacun des hommes de médias étant concentré sur les ultimes réglages. Nous sommes aux environs de 16h10.

15 minutes plus tard, les premières sirènes de motards retentissent près du rond-point Bastos. Sonnées, les équipes de sécurité ordonnent aux journalistes et autres invités de libérer le salon d’accueil pour faire place aux hôtes du jour, désormais dans les parages et qui ne vont plus tarder.  

16h28 : les premiers véhicules du cortège des Lionnes indomptables arrivent à vive allure, ouvrant la voie à deux motards. On peut y apercevoir les professionnels des médias et les supporters.  

16h30 : c’est l’arrivée tant attendue. Les Lionnes sont là. A leur nouveau camp de base. 

Honneur à Warda

 

Petit détour à la maison du football camerounais.

Pour ouvrir le bal, la capitaine Aboudi Onguéné entourée de la ministre Abena Ondoa et de la sélectionneure Valentine Nguele, dans une jeep militaire qui s’immobilise net à l’entrée de l’hôtel après une manœuvre précise. Au fur et à mesure, ses coéquipières, les membres du staff, les membres de la Fecafoot au premier rang desquels la première vice-présidente Céline Eko, les anciens Lions à l’instar de Siliki Edjangue et Timothée Atouba, descendent. Comme une traînée de poudre, Monique Ngock, Ajara Nchout Njoya, Naomi Eto, Michaely Bihina et autres Mendoua, Ngah Manga, Mayi, Nyadjou… sont accueillies par des cris et des youyous d’une marée humaine qui ne laisse à aucune la chance de s’extirper.

Prises en tenaille, les Lionnes indomptables sont obligées de se prêter à l’exercice des photos. Certaines fans en profitent pour glisser un mot à leurs héroïnes. « Je lui ai demandé un maillot », lâche Marie Grâce, supportrice. Aux marquages également, les journalistes profitent de ce bain de foule pour réaliser des interviews, chacun avec sa ou ses cibles. Exercice de pas moins de 30 mn, au bout duquel les Lionnes, visiblement diminuées, sont extirpées de force par leur sécurité des mains des fans qui n’arrêtent pas de réclamer des photos.

Alors que l’ascenseur est déjà ouvert pour les conduire à l’étage où elles sont censées s’installer, la délégation change d’itinéraire. Direction Warda, au siège de la Fédération camerounaise de football, où les attendent déjà le président de la Fecafoot Samuel Eto’o et d’autres convives, ainsi que les journalistes, pour un accueil dans la maison du football camerounais. Là-bas aussi, un monde fou les attend.

Arrivées, Gabrielle Aboudi Onguéné et ses partenaires sont installées dans la salle de conférence de la Fecafoot, pouvant contenir plus de 400 personnes. Une fois la mise en place terminée, Samuel Eto’o fait son entrée, accompagné de sa suite. Puis c’est au tour de la capitaine de paraître avec le trophée remporté en terre marocaine, sous les applaudissements de l’assistance et des championnes d’Afrique déjà présentes. 

Débute alors le ballet des discours. D’abord celui de la capitaine Aboudi Onguéné qui, après avoir harangué ses partenaires, délivre son message. Un hommage vibrant à l’endroit de Samuel Eto’o, appelé « notre papa » par la cheffe de troupe : « Même si certains vont estimer que j’en fais trop, je ne cesserai jamais de remercier notre frère, notre père, notre président Samuel Eto’o ». Derrière elle, Samuel Eto’o, président de la Fecafoot, remercie globalement les néo-championnes « pour tout ». 

Vient l’instant des partenaires. Le représentant du sponsor Orange annonce dans son propos que l’opérateur de téléphonie mobile offre 32 millions Fcfa de bonus à l’ensemble de la délégation. En plus de ce pactole, chacune des Lionnes indomptables recevra un téléphone portable neuf offert par le sponsor. C’est sur ces belles promesses que la cérémonie s’achève à la Fecafoot, avec la séquence photos à l’esplanade de la nouvelle antre de Warda. Les Lionnes peuvent alors regagner leur hôtel au bout d’une journée pleine bouclée aux environs de 19h.

Primeure à Nsimalen

 

Où la journée marathon a commencé.

Il faut dire que celle-ci avait démarré vers 15h à leur descente d’avion à l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen, avec à leurs côtés le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, envoyé spécial du chef de l’État Paul Biya, accompagné pour la circonstance des ministres des Sports et de l’Éducation physique Narcisse Mouelle Kombi et de la Promotion de la Femme et de la Famille Marie Thérèse Abena Ondoa.

Dès le tarmac de l’aéroport, Yaoundé s’embrase. Le long de l’itinéraire, du point de départ aux hauteurs du Mont Fébé, c’est une liesse populaire qui réserve un accueil des plus remarquables, avec une mention spéciale pour certains points de la capitale comme Mvan, Mvog-Mbi, Poste centrale, où le cortège a eu du mal à se faufiler entre un public surexcité de voir ses ambassadrices parties de Yaoundé sous l’anonymat et revenir avec le graal de championnes d’Afrique.  Quoi de mieux comme conclusion pour la meilleure joueuse de la compétition, Monique Ngock, que de dire : « Merci au peuple camerounais pour l’accueil que vous nous avez réservé. Le Cameroun est plus fort lorsqu’il est soudé ».