Poésie : Dans l’ombre d’une ville 

Le premier recueil de poèmes de Julien Franck Guiongue explore les solitudes et les fragilités qui se dissimulent derrière l’animation d’une ville.

Marielle Ongono 

La capitale a aussi ses silences. Derrière les rues animées, les lumières et le mouvement incessant se cachent des histoires que l’on ne raconte pas toujours. Des solitudes, des amours inavouées, des blessures et des questionnements qui prennent parfois toute leur ampleur lorsque la nuit tombe. C’est cette dimension invisible de la vie urbaine que Julien Franck Guiongue met en mots dans son premier recueil de poèmes, « La face cachée de la capitale » . Le jeune auteur s’intéresse à l’humain derrière le décor. Ses poèmes donnent à voir des êtres qui cherchent leur place, tentent d’aimer, de comprendre leurs émotions et, surtout, de rester debout face aux incertitudes du quotidien. 

Dans cette œuvre, la nuit occupe une place particulière. Elle marque le passage du bruit au silence, de l’apparence à l’intime. « Le soir lui apprenait une autre langue, / Plus lente, plus grave, chargée de souvenirs », écrit le poète. Une manière d’indiquer que lorsque le tumulte s’apaise, les émotions longtemps contenues refont surface. Mais « La face cachée de la capitale » ne parle pas uniquement de solitude. Le recueil questionne également les rapports humains et cette quête permanente d’authenticité. Que reste-t-il de nous lorsque les artifices disparaissent ? Que deviennent les sentiments lorsque les mots manquent ? Autant d’interrogations qui parcourent les textes.

Né au Cameroun en 2002, Julien Franck Guiongue poursuit actuellement un master en Achats et Approvisionnements à Lyon. L’écriture, elle, l’accompagne depuis l’adolescence. Sa démarche repose sur une volonté simple : mettre des mots sur ce que le quotidien laisse souvent dans le silence. Entre fragilité et espoir, ses poèmes proposent ainsi une autre lecture de la capitale et de ceux qui la peuplent. « Le soir lui apprenait une autre langue, Plus lente, plus grave, chargée de souvenirs. Il y déposait ses faiblesses anciennes, Comme on confie ses peurs à la lumière qui baisse. Et quand la nuit venait, profonde et sans témoin, Il n’était plus qu’un souffle au bord du vertige. Il aimait sans visage, sans serment, sans demain, Dans le tremblement pur de l’instant qui s’éteint », extrait de l’ouvrage.