Littérature : Hemley Boum, une plume engagée 

Marielle Ongono 
 
Six nouveaux ouvrages à découvrir.
 
La rentrée littéraire française 2026 met à l’honneur plusieurs voix africaines. Parmi elles, la Camerounaise Hemley Boum se distingue avec « Nos vies sauvages », publié chez Gallimard le 20 août 2026. Dans ce nouveau roman, l’écrivaine met en scène un pays contemporain traversé par l’autoritarisme, la répression, la corruption et le désenchantement. Au centre de l’intrigue, Ndolo Elimbi, avocate emprisonnée pour s’être opposée au pouvoir, se retrouve au cœur d’un récit où les destins individuels croisent les violences politiques d’un pays. Le roman ne se réduit pas à la dénonciation politique. Il place aussi les femmes, leurs solidarités et leur puissance d’action au centre d’une société en crise. Chaque année, plusieurs centaines de romans font leur entrée dans les librairies françaises. Au milieu de cette profusion, six œuvres africaines retiennent particulièrement l’attention. De l’île Maurice au Cameroun, du Rwanda au Sénégal, de l’Algérie à Madagascar, leurs auteurs explorent la mémoire, l’histoire, les identités et les bouleversements de leurs sociétés.

Hemley Boum partage cette rentrée littéraire avec plusieurs écrivains issus du continent. La Mauricienne Ananda Devi revient avec Chronique d’un royaume perdu (Grasset), une fresque familiale marquée par la mémoire de l’esclavage. Le Rwandais Dorcy Rugamba signe Les Enfants gâtés de Butare (JC Lattès), récit tourné vers la jeunesse rwandaise avant la catastrophe. Le Sénégalais Abibou Diouf propose L’Âge de déplaire, tandis que Rachida Brakni explore la mémoire algérienne dans La Part absente (Stock). Enfin, le Malgache Élie Ramanankavana présente Fortune. Six romans, six univers et autant de manières de raconter l’Afrique. Dans cette sélection, Hemley Boum occupe une place particulière : celle d’une écrivaine qui fait de la littérature un espace de mémoire, de résistance et de questionnement sur le Cameroun contemporain.