Le ministre d’Etat, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Laurent Esso, a inauguré, le 13 août 2026, les bâtiments B et C du Complexe des services judiciaires à Yaoundé. Au terme de cette cérémonie, le Procureur général près la cour d’appel du Centre est revenu sur l’importance de cette infrastructure pour la justice camerounaise.
Guy Martial Tchinda

Les premiers bâtiments du complexe judiciaire ont été inaugurés le 13 août 2026 à Yaoundé. Comment accueillez-vous cette infrastructure ?
Il faut dire que nous, les personnels (magistrats, greffiers, la présidente de la Cour d’appel, le procureur général que je suis), nous sommes vraiment reconnaissants envers monsieur le Garde des Sceaux pour cet outil qu’il met à notre disposition, mais aussi pour l’honneur qu’il nous fait de le visiter et de donner des consignes pour rendre le bâtiment encore plus fonctionnel et permettre au personnel qui l’occupe de l’utiliser de manière efficiente. Nous avons trois salles d’audience qui ont été mises à la disposition du tribunal de grande instance (Tgi) du Mfoundi. Vous connaissez l’importance de cette juridiction dans l’organisation et la carte judiciaire.
Qu’est-ce qui a justifié le choix du Tgi du Mfoundi pour bénéficier prioritairement de ces nouvelles installations ?
C’est la juridiction la plus importante dans le ressort de la Cour d’appel du Centre. C’est elle qui s’occupe des matières criminelles, c’est elle qui s’occupe des matières non criminelles, mais dont l’importance va au-delà des montants traités par le tribunal de première instance. Et pour ceux qui fréquentent cette juridiction, vous pouvez imaginer à peu près le nombre de procédures qui y sont traitées, les personnes détenues et les personnes non détenues.
Donc, ce n’est pas par hasard que monsieur le Garde des Sceaux a décidé de mettre ces trois salles d’audience à la disposition du Tgi, qui n’en avait qu’une et qui avait des difficultés, bien sûr, à traiter dans les délais les plus raisonnables la masse importante de dossiers à sa disposition. Donc, avec ces trois salles d’audience, le Tgi en aura désormais quatre.
Qu’est-ce que cela apporte concrètement pour la justice camerounaise ?
Plus de salles d’audience, c’est plus d’audiences, c’est un rendement attendu accru, c’est une célérité dans le traitement des procédures, mais pas seulement la célérité. Parce que plus vous avez de salles, plus vous avez des audiences, moins vous concentrez de dossiers à des audiences particulières. Donc la qualité du rendu de la justice s’améliore. Le Tgi, c’est vraiment la juridiction à laquelle on devait attribuer ces trois salles d’audience pour un résultat palpable, dans les semaines et dans les mois à venir,. Et nous espérons, comme le ministre d’État l’a prescrit, que dans les semaines à venir, nous serons à même de présenter des chiffres éloquents de traitement un peu plus diligent que d’habitude des procédures en nombre et en qualité. Voilà ce que je peux dire sur le choix (d’octroyer ces nouvelles salles au TGI, ndlr), sans entrer dans la tête du Garde des Sceaux lui-même. Mais ce sont des éléments objectifs qui permettent aujourd’hui de constater que c’est le Tgi qui a été choisi.
À côté des salles d’audience, vous avez vu qu’il y a des bureaux, il y a beaucoup de bureaux bien équipés. Donc le bien-être de nos collaborateurs est aussi important pour notre hiérarchie. Un personnel installé dans de bonnes conditions, c’est aussi une présence intéressante au bureau, c’est un accueil que nous attendons le plus respectueux des droits des justiciables et, bien entendu, une implication particulière dans le traitement des procédures.
Quelles garanties sécuritaires et logistiques offre ce nouveau bâtiment, notamment pour garantir à la fois la sécurité du personnel, des justiciables et bien d’autres ?
Au terme de la visite de l’ensemble des locaux, y compris le poste de police avec le ministre, nous avons assisté à une petite séance de travail et cette question de sécurité était une préoccupation importante lors de cette séance de travail. La sécurité de ce bâtiment, pour l’instant, est assurée. Nous n’avons pas besoin de donner des détails sur le plan de sécurisation du bâtiment. La sécurité des personnes qui y travaillent, des justiciables, des avocats, de tous ceux qui franchissent les portes de cet édifice est assurée. En attendant que le grand bâtiment d’à côté soit livré, ceux-ci sont complètement opérationnels et assurent la sécurité de tous ceux qui s’y trouvent.
Désormais le parquet et le Tgi seront côte à côte. En quoi cette proximité géographique va-t-elle fluidifier le travail quotidien des magistrats ?
Le tribunal ne peut pas fonctionner sans l’un de ses bras, sans l’une de ses jambes. Donc ici, vous avez effectivement le greffe qui est installé dans les bureaux que nous avons visités, et puis vous avez un palier pour le parquet qui est dûment installé dans les locaux, le siège pareil, et une partie du tribunal est encore de l’autre côté en attendant que la tour ne soit totalement livrée. Je joins ma voix à celle de madame la présidente de la Cour et de l’ensemble du personnel pour vous remercier pour les attentions que vous avez bien voulu accorder à cette activité du ministère de la Justice aujourd’hui.
Peut-on dire aux usagers de la justice que cette extension marque la fin des lenteurs judiciaires et un saut qualitatif dans l’accueil au Tgi du Mfoundi ?
Absolument ! Déjà, c’est un message permanent de monsieur le Garde des Sceaux. On n’aura pas attendu la livraison de ce bâtiment pour que ce message soit répercuté. Quelles que soient les conditions dans lesquelles le personnel travaille, il a l’obligation de service public d’être le plus accueillant possible, de travailler de manière diligente, surtout dans un service comme la justice, de contribuer à son niveau au bon rendu des décisions de justice.
Mais maintenant, un peu plus, bien sûr, quand vous avez un tel joyau qui est mis à votre disposition. Quand vous voyez le sourire des collaborateurs qui ont pris possession des lieux, quand vous voyez même les avocats qui sont à l’aise dans les salles avec des micros, vous comprenez que tous les acteurs se sentent un peu dans l’obligation de faire encore mieux qu’hier par rapport à ce qui vient de leur être présenté.



