Dans une déclaration depuis Paris, où il est exilé, l’ex-président renversé par un coup d’État réclame la présidence du Pdg.
Michel Enony

La guerre politique est (re)lancée. Plus de trois ans après avoir été renversé par le général Brice Clotaire Oligui Nguema en août 2023, l’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba sort de son silence. Dans une déclaration vidéo diffusée depuis Paris, il a annoncé son retour sur la scène politique et revendique la direction du Parti démocratique gabonais (Pdg). « Aujourd’hui, je suis libre, et ma parole aussi. Je vous le dis donc clairement et calmement : je ne renonce pas à la vie politique. Je suis un ancien président de la République, et ce statut m’oblige », a déclaré l’ancien chef de l’État.
Fort de cette détermination, Ali Bongo conteste la direction actuelle du parti fondé par son père, Omar Bongo, et revendique sa légitimité à sa tête. « Je suis le président du Parti démocratique gabonais, désigné et reconduit par nos congrès depuis 2009, et pour la dernière fois en décembre 2022. Que nul ne compte sur mon silence ou sur mon retrait pour faire ce qu’il veut de notre pays ou disposer du Pdg », a-t-il averti.
Cette prise de parole lui permet de revenir sur sa précédente annonce de retrait de la vie politique, faite en septembre 2024. L’ex-dirigeant explique avoir été contraint de renoncer à cette époque, alors qu’il se trouvait en résidence surveillée et que son épouse, Sylvia Bongo, ainsi que son fils, Nourredine, étaient emprisonnés.
À Libreville, cette sortie médiatique ravive les tensions et les divisions internes au sein du Pdg, où des cadres comme Blaise Louembé assurent la transition. Si les milieux politiques s’agitent, ni le gouvernement gabonais ni les instances officielles du parti n’ont pour l’heure réagi à cette déclaration de l’ancien président, qui compte bien peser de nouveau sur l’échiquier national.



