Féminicides : La criminalisation exigée

Depuis janvier 2026 au Cameroun, 40 femmes ont été tuées; face à ces chiffres qui ne cessent de grimper, un mouvement est né sur la toile pour exiger des autorités des peines à la hauteur de la gravité de ces actes. 

Lorine Claudia Agnang

Les femmes n’en peuvent plus!

40 femmes tuées depuis janvier 2026 ! « Jusqu’où irons-nous dans le silence complice ? 40 vies brisées, le gouvernement camerounais doit agir maintenant ! c’est un véritable carnage silencieux qui se déroule sous nos yeux. avec 40 femmes arrachées à la vie depuis janvier 2026 et une terrifiante accélération de 6 femmes tuées en une seule semaine, le cameroun fait face à une urgence nationale absolue », publie Made In Cameroon Magazine sur sa page Facebook.

La toile bouillonne. Les femmes dénoncent, les organisations féministes  crient haro sur le vide juridique qui entoure les féminicides. Le souvenir du drame subi par l’enseignante Diane Yangwo en 2023 est encore vif dans les mémoires.Décédée des suites de violences conjugales, dans un premier temps, son bourreau n’avait écopé que de cinq ans de prison avec sursis et de 52 000 Fcfa d’amende. Il aura fallu l’indignation de la famille et du public pour qu’en appel, la justice retienne enfin une peine de 20 ans de prison ferme. Les chiffres sont sans appel : 50 femmes tuées en 2023, 67 en 2024, 77 en 2025. Quel est le sort réellement réservé à leurs agresseurs ? L’assassinat de Crescence Merline Beguel est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Sur Internet, la société civile et les citoyens ont lancé la campagne « Nous voulons la criminalisation des féminicides ».

« Derrière ces chiffres, ce sont des vies, des familles et des enfants brisés. Nous ne pouvons plus nous contenter de condamner après chaque drame. Il faut agir, prévenir, protéger et surtout rendre justice. Le féminicide doit être reconnu et criminalisé par une loi claire et forte au Cameroun. Combien de femmes faudra-t-il encore perdre avant que nous décidions d’agir ? Nous demandons justice. Nous demandons une loi », interpelle la conseillère régionale Suzanne Satrebai. Un constat partagé par la footballeuse Monique Ngock : « Au Cameroun, la hausse des féminicides n’est pas une suite de simples faits divers. Ce sont nos sœurs, nos mères, nos filles et nos amies que nous perdons dans l’indifférence. Mourir parce qu’on est une femme est une injustice intolérable que nous ne pouvons plus accepter. Pour que cela cesse, nous devons briser le silence: ne plus fermer les yeux face aux violences au nom des convenances. Écouter et soutenir: Croire et protéger les victimes dès les premiers signaux d’alarme. Exiger justice : Réclamer des sanctions exemplaires et une protection réelle pour toutes. Aucune colère, aucun prétexte ne justifie l’injustifiable. Chaque femme a le droit fondamental de vivre en sécurité ».

La mobilisation dépasse le cadre des réseaux sociaux. Vendredi 28 août 2026 à été décrété « Vendredi rouge » : citoyens et citoyennes se sont vêtus de rouge, pour honorer le sang versé de ces femmes dont les rêves et les familles ont été brisés par la cruauté.

Réaction

Marie Thérèse Abena Ondoa, ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille : Nous avons suffisamment avancé.

Le problème que vous soulevez est très grave et il préoccupe la nation toute entière. Et vous savez que le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille en partenariat avec d’autres administrations et ainsi que la société civile, les partenaires au développement a déjà fait plusieurs sorties pour dénoncer ces crimes. Je pense que la dernière sortie remonte à un point de presse coordonné par le porte-parole du gouvernement, le ministre René Emmanuel Sadi.

Je pense que ça ne fait pas encore six mois que nous nous sommes retrouvés. Avant cela, nous nous sommes retrouvés avec d’autres membres du gouvernement , femmes pour dénoncer ces meurtres. Et à la suite de certains événements malheureux, en l’occurence, le décès du jeune Mathis à Ngoa-Ekelle, où il y a eu une descente, le viol de la petite au quartier Odza, il y a quelques mois seulement.  Il  y a eu d’autres situations, bien avant cela, où nous avons dû faire le tour des arrondissements du Mfoundi, parce qu’à un moment donné, on assassinait les jeunes filles qui rentraient de l’école ou qui allaient étudier.

Et puis nous avons fait le tour pour appuyer les familles, les soutenir moralement et avec un peu de moyens financiers à l’époque. Nous avons même eu à organiser un culte interreligieux à Mimboman Don Bosco, à l’époque. C’est pour dire qu’il y a eu des réactions, mais ces derniers temps, nous avons l’impression que tuer une femme est un acte banal et de la manière la plus atroce.

Je ne veux  pas commencer à énumérer, mais à l’heure actuelle, le problème a atteint un niveau très inquiétant. Parce qu’en une semaine, on dénombre  au moins huit cas. ça c’est des cas qui sont portés à notre connaissance; il y en a certainement d’autres qui ne sont pas signalés.  Cela signifie qu’il y a un problème et qu’il faut le résoudre de la manière la plus radicale. Vous allez me demander que fait le gouvernement. Depuis quelques années déjà, le gouvernement a entrepris des actions.

Si je remonte un peu à la révision du code pénal en 2016, on s’est penché sur des problèmes qui concernent les femmes ainsi que les jeunes enfants. Il y a eu des modifications très importantes dans le code pénal de 2016. Et depuis quelques années, un projet de loi spécifique pour lutter contre les violences faites aux femmes a été initié. Et ce projet de loi a associé la société civile et les partenaires au développement et d’autres administrations. Nous avons travaillé dessus et ça fait déjà un certain nombre d’années. Il y a eu plusieurs ateliers.

Et à ce niveau, nous avons suffisamment avancé. Nous sommes au niveau des services du Premier ministre où plusieurs réunions se sont déjà tenues, pour qu’on s’accorde sur le contenu de ce projet de loi spécifique qui est nécessaire pour qu’on puisse sanctionner de la plus belle manière ceux qui commettent ces crimes. Parce que ce n’est pas possible de le vivre de nos jours. Tout le monde a peur. Quand vous imaginez qu’en une semaine, on dénombre au moins huit. Et le drame c’est que ces assassinats sont filmés; on les retrouve dans les réseaux sociaux, les enfants qui ont accès au téléphone… Les jeunes sont exposés à ce mal là. Donc le crime tend à être banalisé à nos yeux.

Ailleurs

Robots

Un robot chinois a battu le record du monde du 100 mètres de la légende jamaïcaine Usain Bolt (9,58 secondes en 2009), signant un exploit historique en bouclant le sprint en 9,39 secondes selon la chaîne publique CCTV. Nommé Tiangong Ultra, cet humanoïde rouge et sans tête soutenu par la marque Honor a frappé ce grand coup dès la cérémonie d’ouverture du samedi 22 août 2026, propulsant cette performance à la une des médias d’État désireux d’affirmer la suprématie de la Chine dans la robotique.

 

Le lendemain, le dimanche 23 août 2026, le même Tiangong Ultra a récidivé en pulvérisant le record du monde du 400 mètres de près de cinq secondes. Conçu par un centre de recherche pékinois, l’humanoïde a complété le tour de piste en 38,15 secondes, confirmant les ambitions technologiques du pays. 

Ces performances exceptionnelles ont rythmé les World Robot Games disputés les samedi 22 et dimanche 23 août 2026 à Pékin. Ce dimanche-là, des dizaines d’humanoïdes sans visage et leurs opérateurs humains ont investi la patinoire olympique pour s’affronter dans des épreuves d’athlétisme, de boxe, de football et d’arts martiaux devant des centaines de spectateurs émerveillés.