Complexe industrialo-portuaire de Kribi : Le grand branchement

Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, a effectué une visite d’inspection des travaux d’installation du futur poste électrique, le 19 juillet 2026.
 
Michel Enony
Accélération des travaux recommandée. 
 
La chaleur humide de Kribi colle à la peau. Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Énergie (Minee), arpente le site du futur poste électrique du Port autonome de Kribi (Pak). Casque blanc visé sur la tête, il scrute les transformateurs 225/30 kV, deux mastodontes de 60 Mva chacun, qui trônent au milieu du chantier. Derrière lui, une nuée de hauts fonctionnaires tentent de suivre le rythme. « L’électricité, c’est vraiment l’oxygène pour l’industrie », lance-t-il. La formule est chère au ministre, il la répète comme un mantra. Mais à Kribi, cet oxygène-là circule encore mal dans les veines du complexe industrialo-portuaire.

Sur le papier, les solutions sont là. Imposantes. Rassurantes. Le poste électrique du Pak affiche complet : 120 Mva de capacité totale. Les essais électriques sont bouclés, et les équipements réceptionnés à 60 %. La ligne 225 Kv Kpdc–Pak, double circuit, doit connecter deux réseaux. Le premier circuit constitue une liaison dédiée entre la centrale à gaz de Kribi et le poste du Pak. Le second, connecté à la ligne venant de Mangombé, doit permettre de mobiliser d’autres sources du Réseau interconnecté sud, notamment Nachtigal, Songloulou et Memve’ele. « C’est une redondance qui permet d’assurer la sécurité de l’approvisionnement à tout moment », martèle le ministre, visiblement satisfait du discours technique.
 
Sauf que, sur le terrain, le tableau est moins clinquant. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur les 121 fondations prévues pour la ligne, 109 sont déjà réalisées, soit 89%. Le montage des pylônes affiche 32 unités sur 121, soit 26%. Côté équipements, 100 % des équipements de la ligne sont déjà livrés sur le site. Les équipements du poste sont fabriqués à 100%, dont 60% réceptionnés en usine. Et surtout, six kilomètres de corridor toujours pas libérés. Motif ? Des « préoccupations d’ordre social ».
Pendant ce temps, les usines s’installent. Les besoins grimpent. « De manière exponentielle », prévient le ministre. Il évoque déjà une possibilité d’extension de la centrale à gaz : 620 Mw annoncés. Mais pour l’heure, le complexe tourne au ralenti énergétique.
 
L’eau, cette autre soif
 
La visite bifurque vers le projet d’alimentation en eau potable. Gaston Eloundou Essomba ne lâche pas sa phrase fétiche : « Il faut de l’eau, il faut de l’électricité. » L’eau, cette autre soif des entreprises qui s’installent. Celles-ci ne peuvent se contenter de demi-mesures. Une coupure, une baisse de pression, et c’est toute la chaîne de production qui s’étouffe.
Le ministre a insisté sur la compétitivité. Mais les chantiers encore en suspens. Pourtant, ce double chantier vise à accroître la capacité électrique, diversifier les voies d’approvisionnement, anticiper la hausse de la demande et renforcer l’accès à l’eau potable. Ceci reste conditionné par l’achèvement et à la mise en service effective des infrastructures.