La Sonatrel lance deux appels d’offres internationaux portant sur 419 km de lignes et plusieurs postes de transformation.
Jean De Dieu Bidias

Le Projet d’interconnexion des réseaux électriques du Cameroun et du Tchad (Pirect) s’apprête à entrer dans une phase d’accélération. Le 17 août 2026, la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel) a lancé deux appels d’offres internationaux pour la conception, la fourniture, le montage et la mise en service d’infrastructures de transport devant relier Wouro-Soua, dans l’Adamaoua, à la frontière tchadienne. Le premier marché porte sur la construction de 419 km de lignes de transport en 225 kV, répartis en deux lots. Le second concerne l’extension et la construction de postes de transformation à Wouro-Soua, Garoua 2, Maroua et Kousseri. Ces infrastructures constituent le cœur de la deuxième composante du projet, destinée à assurer l’acheminement vers le Tchad de l’électricité produite au Cameroun. Le délai d’exécution annoncé est de 34 mois par lot après contractualisation. À terme, le Pirect doit permettre l’exportation de 100 Mw d’électricité vers le Tchad et renforcer, au-delà de la relation bilatérale, l’ambition d’un marché régional de l’électricité au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).
Cette nouvelle séquence intervient alors que la première composante du projet est déjà en chantier. Du 10 au 16 août, l’unité de gestion du projet (Ugp) a conduit une mission de suivi sur les sites des futurs postes électriques de Ntui, Yoko, Tibati et Wouro-Soua, en présence de China Machinery Engineering Corporation (CMEC), titulaire des travaux, et de l’ingénieur-conseil chargé de la supervision. La mission a relevé des avancées contrastées. À Ntui, les travaux de terrassement sont exécutés à près de 98%, tandis que plusieurs fondations ont déjà été réalisées à Yoko. À Tibati, le terrassement atteint environ 60%. À Wouro-Soua, en revanche, cette phase vient à peine de démarrer. Après réévaluation des données communiquées par l’entreprise, l’Ugp estime le niveau réel d’exécution à 70% pour le lot 1, regroupant Ntui et Yoko, et à 60 % pour le lot 2, comprenant Tibati et Wouro-Soua.
Les délais liés aux différentes procédures, notamment la validation de documents techniques, les difficultés avec certains sous-traitants et les conditions météorologiques figurent parmi les contraintes susceptibles de peser sur le calendrier. L’Ugp demande donc une mobilisation accrue : l’ingénieur-conseil devra accélérer l’examen des documents prioritaires, tandis que l’entreprise CMEC est appelée à renforcer ses moyens humains et matériels.



