Café littéraire de la Cnps : Eugène Betteng est l’invité 

Le Pleg hors échelle et président de l’Association camerounaise de l’intelligence artificielle et de l’innovation (Aciai) a présenté son nouvel ouvrage intitulé « Génération buzz ou l’ivresse du divertissement, l’urgence d’estomper » le 10 septembre 2026 à Yaoundé.

Flavie Abé Djama (Stagiaire)

Un essai sur l’utilisation des réseaux sociaux.
La séance s’est tenue dans la salle de conférence au 8e étage de l’immeuble de la Caisse nationale de la prévoyance sociale (Cnps) à l’avenue des banques dans la ville de Yaoundé. Dans le cadre du 14e Café littéraire. Réunis autour de la thématique abordée dans l’œuvre « Génération buzz ou l’ivresse du divertissement, l’urgence d’estomper », les participants ont échangé sur les rapports entre la jeunesse, l’utilisation des réseaux sociaux, l’intelligence artificielle et les nouveaux modes de consommation de l’information. La présentation de l’ouvrage a été le premier point de la séance. Sur la première de couverture, les personnages qui ont fait le buzz et le titre en lui-même ont été expliqués. Pour le modérateur, Hervé Akame, la rencontre constitue un moment de réflexion autour d’un sujet qui concerne la nouvelle génération. En introduisant les échanges, il a relevé l’intérêt du livre à travers une note de lecture qu’il a lu au public. Il en ensuite salué le fait que la jeunesse soit mise en avant dans le livre. Le modérateur a également souligné l’originalité de l’idée portée par l’auteur au vu des mutations numériques de l’époque. 
Deuxième point, une discussion autour de la thématique de l’utilisation des réseaux sociaux. Le livre « Génération buzz ou l’ivresse du divertissement, l’urgence d’estomper », s’intéresse au fonctionnement des grandes plateformes numériques et la façon dont elles retiennent l’attention des utilisateurs. Selon l’auteur, Eugène Betteng, les réseaux sociaux ne sont plus seulement présentés comme des espaces de communication, de circulation de l’information ou de divertissement. Ils contiennent des algorithmes qui peuvent influencer les comportements. « Il y a des algorithmes qui sont mis en place pour nous mettre la tête dans la danse. Ils reposent sur les gestes, les likes, les commentaires. Et à partir de ce moment, nous devons comprendre quelque chose, c’est que, qu’on le veut ou pas, on va marcher selon la logique de ceux qui ont mis en place cette plateforme », explique-t-il.
Au cours des échanges, le président de l’Aciai a précisé que son ouvrage repose sur un travail de recherche. Une recherche qui a consisté à identifier les problèmes, à en faire le constat puis à proposer des pistes de solutions. Derrière l’écriture de ce livre, il a une volonté de sensibilisation. Eugène Betteng indique que son projet est né de l’observation d’une société marquée par le « buzz permanent ». Son souhait est d’attirer l’attention de tout un chacun sur les possibilités qu’offrent ces outils. Notamment montrer que les réseaux sociaux peuvent servir à apprendre, à créer et à s’intéresser aux métiers de demain. Ceci malgré leur aspect négatif. 
« Il faut désormais que les jeunes gagnent aussi pour savoir, pour apprendre. Il y a des TikTokeurs ailleurs qui ont des compétences incroyables. Même en Chine, le meilleur outil de diffusion de la science, c’est TikTok », souligne-t-il. L’auteur insiste également sur la nécessité de produire des contenus correspondant aux réalités et aux aspirations de la jeunesse camerounaise. Cette démarche se présente comme une occasion de contribuer à une meilleure appropriation de l’intelligence artificielle au Cameroun. La rédaction du livre, elle, apparaît comme le prolongement de cet engagement auprès des jeunes et du monde universitaire. La rencontre a été un moment de partage et d’apprentissage. Elle s’est achevée par une dédicace pour les invités qui ont acheté le livre au prix promotionnel de 5000 fcfa. Disponible à la librairie des Peuples noirs, le livre est disponible, il coûte 10000 fcfa.

Réactions

Eugène Betteng, Auteur : Je propose des solutions

 
Moi, je crois que c’est le travail que j’ai fait. Faire des propositions. J’ai opté pour, jusque-là, faire des essais. Des essais démonstratifs, argumentatifs. Mon idée, chaque fois, c’est d’essayer de faire des constats, d’identifier des problèmes, et proposer des solutions pour résoudre ces problèmes. Je pense qu’il faut qu’on se batte pour changer le comportement. Nous sommes un peu tous en train d’aller vers une situation d’éducation, parce que parents, enfants, enseignants, tout le monde est dans la même enceinte. On a l’occasion de faire les pensées. Chacun n’est même pas conscient qu’on arrive à vivre quelque chose de grave. Nous sommes tous presque actifs à la chose. Dans le document que j’ai produit, j’ai tenté de montrer le comportement des parents dans les années 2000, avec l’avènement du Facebook et des téléphones android.

Me Christophe Kolwé, avocat au Barreau du Cameroun : C’est un livre qui est d’actualité

Le livre parle des phénomènes du buzz et des réseaux sociaux. Je pense que c’est un pavé qui est jeté à la mare et qui peut contribuer à faire une lecture, je peux dire, au phénomène des réseaux sociaux. Quelle est la place des réseaux sociaux dans la vie des jeunes ? Est-ce que ça apporte des bonnes choses ou des mauvaises choses ? Et si c’est des mauvaises choses, comment faut-il corriger cela ? Je pense que c’est en cela que ce livre est important. Je suis satisfait de la problématique de ce livre et je vais rentrer le lire plus en profondeur. Une autre chose, je suis satisfait du concept du café littéraire créé par la Cnps. Vraiment, le cadre est fabuleux, c’est un très beau cadre et ça incite à la réflexion.

Messanga Rostand, économiste : On peut retenir deux ou trois éléments

On retient que les réseaux sociaux ont un effet néfaste. Pour ne pas dire que le constat est alarmant. Et puis, bien qu’étant au courant des efforts fournis par le gouvernement du Cameroun, pour pouvoir pallier ce problème là, nous constatons que le phénomène persiste. Et je crois que la venue de cette œuvre, pour ceux qui la consulteront, et la sensibilisation, pourront faire en sorte que les jeunes, d’une façon ou d’une autre, puissent s’abstenir des effets néfastes de l’avènement de l’informatique, si on peut le dire ainsi, de l’intelligence artificielle qui est mal utilisée au Cameroun. C’est bien que certains jeunes font de ça, mais le constat est clair que l’effet négatif prend beaucoup plus l’ampleur. Donc, on peut retenir que les jeunes doivent vraiment s’aligner à la lecture, pouvoir comprendre et se réveiller, parce que le Cameroun a besoin de se réveiller.