À l’échangeur d’Olembé : Les camions de sable ont levé le camp

Les camions de sable ont déserté les abords de la chaussée, laissant place aux conducteurs qui sillonnent les parages, à l’affût des clients.

Rebara Habra

Le nouveau visage de l’axe Échangeur Olembe

Le décor a changé au lieu-dit échangeur d’Olembé. Il y a encore quelques jours, une longue file de camions chargés de sable occupait les abords de la route. Ce 1er septembre 2026, le tronçon est dégagé. La voie est plus fluide, l’espace moins encombré. Des deux côtés de la chaussée, aucun camion n’est stationné. Les automobilistes peuvent désormais circuler sans avoir à se frayer un chemin entre les poids lourds et les nids-de-poule qui envahissent le bitume. L’espace respire.

Les camions ont certes levé le camp, mais les camionneurs, eux, rôdent encore dans les environs. À chaque passage d’un véhicule particulier, certains s’approchent, espérant décrocher une commande de benne de sable. Ils sont regroupés par endroits, à distance de la chaussée. Difficile pourtant de ne pas deviner la raison de leur présence. « Vous constatez vous-même qu’il n’y a plus de camions stationnés. Nous avons respecté la décision du gouverneur », confie l’un d’eux au reporter. Que font-ils donc encore sur place ? « Il y a des clients qui ne connaissent pas encore le nouveau site. Voilà pourquoi nous sommes là. Le plus important était de dégager les engins. C’est ce qui a été fait. C’est tout », répond le même chauffeur.

Ce qui ressemble à un malheur pour les camionneurs fait le bonheur des taximen. « L’ordre régnera. L’ordre est en train de régner », lance un conducteur de taxi à un groupe de jeunes réunis en bordure de route, au lieu-dit échangeur d’Olembé. La formule, empruntée au discours de prestation de serment du chef de l’État en novembre 2025, est lancée avec un sourire. Une manière, pour le taximan, de se moquer gentiment des camionneurs qui ont dû quitter les lieux.

Du côté des transporteurs de sable, pas question de se lancer dans un bras de fer avec l’administration. « Nous sommes là pour informer tout le monde qu’il s’agit d’une décision de l’État. Même si tous ne sont pas d’accord, nous allons nous conformer, car on ne peut pas s’opposer à l’État », explique Longin Bita Ndzono, président du marché de sable et des carrières de la région du Centre.

Selon lui, la décision touche aussi des intérêts économiques. « Il y a aussi des intérêts personnels en jeu, avec certains espaces loués. Mais la réalité, c’est que les camions garés sur la route causent des accidents. Au sein de notre association, nous avons déjà décidé de libérer les lieux. En attendant, nous sommes orientés vers l’aire de repos d’Obala », ajoute-t-il.