La commune a remporté le 1er prix dans le département du Nyong et Mfoumou et dans la région du Centre, pour la 2e fois consécutive.
Michel Enony

Alors que l’insalubrité chronique paralyse plusieurs villes et communes du pays, une commune vient de signer un exploit. Pour la 2e année consécutive, la commune d’Ayos, située dans le département du Nyong et Mfoumou, a été sacrée « ville la plus propre du département du Nyong-et-Mfoumou et de toute la région du Centre ». Elle a engagé 98,11 % au concours « Villes Propres 2026 » organisé par le ministère de l’Habitat et du Développement urbain.
Les résultats, proclamés hier 9 août 2026, à l’Hôtel de Ville de Yaoundé en présence du gouverneur Naseri Paul Bea, consacrent un sans-faute. Ayos avait déjà obtenu un 100/100 au niveau départemental le 14 juillet dernier à Akonolinga, devant les communes d’Endom, Kobdombo et Mengang. Une performance qui tranche avec les difficultés persistantes de nombreuses communes, où la gestion des déchets reste un casse-tête quotidien.
Comment expliquer un tel résultat ? La réponse est à chercher du côté de la méthode Paul Ndongo Biko’o, maire d’Ayos depuis février 2020. Sur le terrain, l’édile impose un style direct et rigoureux. « À Ayos, la gestion des déchets n’est plus une promesse mais une pratique quotidienne », révélait le secrétaire général de la mairie, Ambroise Junior Ndongo, lors de notre échange en décembre 2026.
Le maire coordonne lui-même les opérations de nettoyage, bottes en caoutchouc aux pieds, jusque le dimanche matin. « Ce choix d’être physiquement engagé sur le terrain traduit une approche assumée : gouverner par l’exemple », lance-t-il.
L’exécutif municipal a structuré une véritable politique de salubrité. D’abord, l’instauration des journées citoyennes de propreté chaque jeudi. Puis, l’installation de poubelles écologiques dans les quartiers pour encourager le tri sélectif, et enfin lancement de l’« Opération villages et quartiers propres » dotée d’une enveloppe de 100 millions Fcfa. « La propreté urbaine ne se réduit pas au balayage des artères; elle suppose une chaîne vertueuse qui commence par des comportements responsables des citoyens », martèle l’édile.
Ce doublé 2026 confirme une trajectoire ascendante. En 2025, Ayos avait déjà été élue commune la plus propre de la région du Centre avec 96,4 %, avant de décrocher la 6ᵉ place au niveau national. Le ministère de la Décentralisation et du Développement local, a d’ailleurs décidé d’organiser à Ayos, en mai dernier, une session de travail réunissant tous les maires de la région du Centre pour partager ce modèle.
Alors que l’insalubrité gangrène tant de villes camerounaises, Ayos prouve qu’avec un leadership éclairé et une mobilisation citoyenne soutenue, la décentralisation peut produire des résultats concrets. Et le maire de conclure : « La propreté est devenue un marqueur politique et un indicateur de gouvernance La propreté est devenue un marqueur politique et un indicateur de gouvernance ».
Développement local : Ayos fait foi
Avec plusieurs chantiers livrés et d’autres en cours d’exécution, l’exécutif transforme la municipalité pour le bien-être des populations.
Michel Enony
Ayos poursuit sa mue.
Si le doublé historique au concours « Villes Propres 2026 » a placé Ayos sous les projecteurs, cette distinction n’est que la partie émergée d’un vaste chantier de développement territorial mené depuis 2020 par le maire Paul Ndongo Biko’o et son équipe. Élu à la tête de la commune il y a six ans, cet enseignant de profession a impulsé une dynamique de rupture qui touche tous les secteurs de la vie locale.
Premier axe : la voirie. La commune a ouvert et reprofilé des dizaines de kilomètres de routes communales, construit des dalots, réhabilité la voirie urbaine et aménagé les berges du Nyong. « Quand d’autres promettent, lui il construit », résume Jean Claude Ze Biwole, originaire d’Ayos. Le chantier routier Emini–Akam–Engali–Fleuve Nyong, suivi de près par le maire, illustre cette ambition de désenclaver les bassins de production agricole.
Dans le secteur éducatif, des salles de classe modernes ont été construites dans tout l’arrondissement, les écoles publiques délabrées réhabilitées et dotées de tables-bancs. En santé, les centres de santé intégrés ont été rééquipés en matériel de première nécessité. Côté eau et électricité, des forages à motricité humaine ont été réalisés dans les villages les plus reculés, tandis que l’éclairage public solaire « All in one » a été étendu, faisant d’Ayos une ville qui vit et brille même la nuit.
Mairie mobile
L’exécutif municipal a mis sur pied e concept de « mairie mobile ». Invité sur la CRTV (Cameroon Radio Television), le maire a expliqué comment ses équipes parcourent les ménages porte-à-porte pour établir des actes de naissance. Bilan de la première phase en 2020 : 6 000 actes établis, bien au-delà des 5 000 prévus. Une deuxième phase est en cours pour régulariser les mariages coutumiers.
Avec ce doublé et ce bilan tous azimuts, Ayos s’affirme comme un laboratoire de la gouvernance locale au Cameroun. Le ministre Georges Elanga Obam a d’ailleurs félicité le maire pour « une amélioration progressive et constante du cadre urbain ». Reste un défi : faire mieux que la 6ᵉ place nationale de 2025. Pari tenable, quand on sait qu’à Ayos, même le dimanche n’échappe pas à l’exigence des résultats.
Pour soutenir cette ambition, le conseil municipal a adopté pour 2026 un budget-programme de 2,817 milliards Fcfa, en hausse de 17,17 % par rapport à 2025. Un budget « réaliste et ambitieux, qui répond aux défis actuels tout en préparant l’avenir », selon le maire.
Paul Ndongo Biko’o : Le maître d’ouvrage

Il aime se la jouer discret. Pour lui, « c’est le travail qui doit parler », d’abord. « C’est ce qu’il faut mettre en avant, pas moi», aime-t-il à dire. Et il s’y tient toujours. Depuis 2020, il est à la tête de l’exécutif communal d’Ayos. La lumière ? il préfère souvent parler d’« un travail d’équipe. Il faut appeler mon chef service. Il faut appeler mon adjoint ».
Enseignant de profession, le maire en exercice d’Ayos, est arrivé à la tête de la commune alors que celle-ci peinait à sortir la tête de l’eau. Avec un budget initial d’environ 500 millions Fcfa, il l’a quintuplé. Le budget de la commune pour l’exercice 2026 est de 2,8 milliards Fcfa. « La situation d’Ayos aujourd’hui n’a plus rien à voir depuis que le « Tsimi Evouna » du Nyong et Mfoumou est aux commandes. Il abat un travail admirable», se réjouit Elvire Mendang, résidente au quartier Central 1.
Le maire Paul Ndongo Biko’o incarne une méthode de gouvernance par l’exemple. Il est sur le terrain, bottes aux pieds, pour coordonner lui-même les opérations de nettoyage, même le dimanche. Ce management de proximité, où l’autorité s’incarne dans l’action, produit des résultats tangibles. Il se fait appeler « Tsimi Evouna» par ses administrés. Surnom donné en référence à l’ex délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé.
Membre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais ( Rdpc ), il s’apprête à être candidat aux élections municipales prochaines. Le magistrat municipal briguera un nouveau mandat.



