Fraudes et contrebande : On sensibilise au secteur des douanes du Sud 2

Cest au regard des pertes nationales chiffrées à plus de 4 milliards Fcfa liées aux fausses déclarations douanières.

Lazare Kingue

Armelle Sylvie Assengue, chef secteur.

Le secteur des douanes du Sud 2 a abrité le vendredi 4 septembre 2026, une importante campagne de sensibilisation consacrée à la lutte contre la fraude, la contrebande et les fausses déclarations sur les boissons et les produits surgelés importés. Opérateurs, déclarants en douane et personnels opérationnels du secteur ont pris part à la rencontre présidée par le commandant Francis Ekolle, chargé de la répression au niveau national, dépêché par sa hiérarchie. Au cœur des échanges, il y a eu l’harmonisation des modalités de prise en charge et de taxation des bières, jus, vins, spiritueux et autres marchandises débarquant via les frontières fluviales et maritimes.

Il se trouve que les évaluations faites au plan national par une commission désignée par la direction générale des douanes ont révélé d’importants écarts entre les déclarations faites et la taxation en vigueur. D’un secteur à l’autre, a fait savoir le commandant Francis Ekolle, président de cette campagne, les droits liquidés varient du simple au triple pour un même chargement, tandis que le dénombrement physique fait état d’un volume réel représentant le double de celui déclaré. Cela a eu pour conséquence, apprend-on, une perte de recettes évaluée à près de 4 milliards Fcfa entre 2022 et 2026 sur la seule filière brassicole. Pour Armelle Sylvie Assengue, chef de secteur des douanes du Sud 2, il faut agir. « Il s’agit d’une problématique importante : protéger le tissu économique national, protéger les populations, sécuriser les recettes et lutter globalement contre la fraude » a-t-elle souligné.

La sensibilisation nationale initiée par le directeur général des Douanes vise un retour à l’orthodoxie. La répression suivra en l’absence d’un changement de comportements. Raison pour laquelle Armelle Sylvie Assengue exhorte ses partenaires à s’y conformer. « Il vaudrait mieux ne pas être dans le camp des fraudeurs. Que chacun s’ajuste afin que le Sud 2 soit cité en exemple en matière de lutte contre la contrebande, spécifiquement celle des boissons et des produits surgelés », plaide-t-elle.

L’occasion a été donnée pour les opérateurs de Campo de poser des préoccupations et des doléances. Notamment l’absence d’un site d’estampillage, qui les contraint à des déplacements coûteux, au regard du mauvais état de la route Kribi-Campo. C’est l’une des raisons qui alimentent des circuits informels. « Je puis rassurer nos partenaires opérateurs économiques qu’ils ont été écoutés. Leurs difficultés ont été entendues. Nous allons les répercuter à la hiérarchie et travailler ensemble pour que le Sud 2 présente une meilleure performance sur l’importation des boissons », a rassuré le chef de secteur. Le président de campagne, quant à lui, a donné un moratoire d’un mois avant le lancement d’une éventuelle phase de répression.