« La maison de Dieu a brûlé » : Le récit d’Esther Ngoumou 

Le nouveau roman de l’écrivaine vient de paraître aux éditions Jets d’encre.

Marielle Ongono 

Le roman de 17 chapitres étendu sur plus de 200 pages vient de paraître aux éditions Jets d’encre. L’ouvrage, « La maison de Dieu a brûlé » relate l’histoire de Baba dont la demeure a été emportée par les cendres. Baba, est une femme connue dans son quartier pour ses séances de prière. Malgré l’intervention des riverains puis des sapeurs-pompiers, la bâtisse et la quasi-totalité de ses biens ont été consumés par les flammes. Dans l’obscurité, les habitants du quartier accourent de toutes parts, des seaux de sable à la main. Chacun tente, à son niveau, de participer à l’extinction de l’incendie. Mais le feu est déjà trop violent. Dans le quartier, sa demeure était d’ailleurs surnommée « La maison de Dieu ». Non loin de là, Baba est assise à même le sol. En larmes, elle assiste, impuissante, à la destruction de sa maison. 
 
Selon les premiers témoignages, le drame serait survenu après une séance de prière organisée dans la soirée. Baba se serait ensuite endormie, laissant une bougie allumée à proximité d’une table en bois. Réveillée au milieu de la nuit par la fumée, elle aurait tenté de récupérer quelques biens de valeur. Ses légumes, qu’elle vendait devant sa maison, ainsi qu’une somme d’argent conservée dans une armoire, auraient notamment figuré parmi les objets qu’elle souhaitait sauver. Mais face à la progression rapide du feu, elle aurait été contrainte d’abandonner ses tentatives et de sortir de la maison pour sauver sa vie. Elle appelle alors ses voisins à l’aide. Plusieurs habitants accourent aussitôt et tentent de limiter les dégâts. Mais les flammes, trop intenses, résistent à leurs efforts.
 
Plus d’une heure après l’alerte, la sirène des sapeurs-pompiers retentit enfin. Le camion arrive sur les lieux et les soldats du feu parviennent à maîtriser progressivement l’incendie. Mais le mal est déjà fait. De la maison de Baba, il ne reste pratiquement rien. Un canapé à moitié consumé et quelques casseroles figurent parmi les rares objets ayant échappé aux flammes. Le reste a été entièrement réduit en cendres. Autour du lieu du sinistre, l’agitation se poursuit. Les voisins, réveillés par les cris et la fumée, commentent les événements. Pendant que les sapeurs-pompiers rassemblent leur matériel, les interrogations vont bon train sur les circonstances exactes de l’incendie.

Malgré la pénombre, une scène particulièrement poignante retient l’attention. Le dos courbé, Baba avance lentement au milieu des décombres. Un morceau de bois à la main, elle remue silencieusement les cendres, comme si elle espérait retrouver un objet précieux. Personne ne sait exactement ce qu’elle cherche. Autour d’elle, plusieurs habitants manifestent leur compassion et se concertent pour lui apporter une aide matérielle ou lui proposer un hébergement. Mais Baba semble indifférente à ce qui se dit autour d’elle. Elle continue de fouiller les ruines de ce qui était encore, quelques heures plus tôt, son refuge et son lieu de prière.