Ache Cyvoline : Il est urgent de retisser le lien avec nos origines

La promotrice du Roots and Future Summit présente l’importance de cette organisation culturelle lancée officiellement les 26 et 27 août 2026 à Yaoundé.

Guy Martial Tchinda

Le Roots and Future Summit -Sommet racine et avenir, en français- a été officiellement lancé les 26 et 27 août à Yaoundé. Pouvez-vous nous présenter cette organisation ?
 
Le Sommet « Racine et Avenir » est une plateforme dédiée à la valorisation et à la célébration de notre patrimoine. À l’ère du numérique, il est urgent de retisser le lien avec nos origines pour ne pas perdre notre identité. Roots and Future incarne tout ce que je défends : la préservation et l’identification de nos valeurs culturelles. L’objectif principal de la conférence organisée les 26 et 27 août  était de rencontrer les chefs traditionnels, gardiens de notre culture, ainsi que la jeunesse. Nous avons  organisé des dialogues et des tables rondes pour aborder les vrais problèmes qui fragilisent notre milieu culturel au Cameroun. Bien que le Cameroun soit connu comme « l’Afrique en miniature », nous constatons aujourd’hui que la plupart des jeunes ne s’intéressent plus vraiment à notre culture. 
 
Quand vous parlez des problèmes qui fragilisent le milieu culturel, vous pensez à quoi?
 
Le principal obstacle c’est la digitalisation. Bien qu’elle constitue un levier puissant pour promouvoir notre culture, elle figure aussi parmi les facteurs qui nous en éloignent.  L’un de nos panels de discussion a porté précisément sur la manière d’utiliser l’ère numérique non pas pour éteindre notre culture, mais pour la propulser, afin que les Camerounais de la diaspora comme ceux du pays puissent pleinement ressentir la beauté de nos racines.
 
Quelles actions concrètes ont été menées au cours de ce sommet pour atteindre vos objectifs ?
 
L’un des temps forts a été la signature d’une « Lettre d’accord » par les chefs traditionnels. Par ce document, ils formalisent leur engagement à nous soutenir et à ouvrir leurs royaumes. La plateforme « Racine et Avenir » ne s’inscrit pas seulement dans le présent, elle prépare l’avenir en s’appuyant sur nos fondations. En signant cet accord, les chefs s’engagent à ouvrir l’accès à leurs histoires et à leurs archives aux jeunes, à moi-même et à mon équipe, afin de nous transmettre tout ce dont nous avons besoin pour préserver notre patrimoine. Par ailleurs, nous mettons en place une « carte d’engagement ». Des représentants de divers groupes culturels sont venus échanger et partager leurs préoccupations avec les autorités traditionnelles. Chacun prendra un engagement individuel.  Si nous n’enseignons pas, nous n’aurons rien transmis. Ces engagements couvrent cinq catégories : le numérique, l’artisanat, les langues traditionnelles, la danse et d’autres expressions culturelles. Cela nous permettra, lors du festival « Racine et Avenir » prévu l’année prochaine, d’évaluer le chemin parcouru et de mesurer les réalisations accomplies au cours des six derniers mois.