Ce dispositif doit renforcer la réponse du Cameroun aux urgences médicales dans les zones de crise.
Guy-Roger Mvondo

L’accident ferroviaire d’Eséka, les éboulements et autres situations d’urgence survenus ces dernières années ont mis en évidence la nécessité d’une réponse rapide et coordonnée aux crises médicales. « Le Cameroun a connu plusieurs crises pour lesquelles il a fallu une mobilisation multisectorielle accrue et une excellente coordination dans ce domaine », rappelle le chef de programme des urgences à l’Oms, Dr Emmanuel Douba Epée.
Sous la supervision du délégué régional de la Santé pour le Sud, Dr Saurel Ngo’o Mebe, 80 membres de la première cuvée des Équipes médicales d’urgence (Emu) ont pris part, depuis le 24 août 2026, à une session d’induction qui s’est achevée le 29 août. Médecins de santé publique, militaires, policiers, sapeurs-pompiers, représentants des administrations sectorielles et partenaires internationaux composent cette première équipe. À leurs côtés, des experts venus du Sénégal et du Togo, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (Oms ) partagent leur expérience.
L’enjeu ne se limite pas à une formation. Il s’agit, pour le Cameroun, de tirer les leçons des crises précédentes et de disposer d’équipes pluridisciplinaires pouvant être déployées dans les 24 heures suivant une catastrophe.
Face aux limites constatées dans les mécanismes d’investigation et d’intervention rapide, un plaidoyer a conduit à la mise sur pied des Emu. Leur particularité : réunir plusieurs compétences au sein d’un même dispositif, afin d’intervenir de manière coordonnée sur les lieux d’une catastrophe.
Pour accompagner cette mise en place, le Cameroun s’appuie notamment sur l’expérience du Sénégal, premier pays africain certifié par l’Oms dans ce domaine. « Nous sommes ici pour un partage d’expérience afin d’apporter notre vécu et aider le Cameroun à atteindre les objectifs qu’il s’est fixés dans cette initiative », explique le Dr Amadou Moukhtar Ndiaye, de l’Emu Sénégal.
Sur le terrain, les équipes devront aussi prendre en compte les conséquences psychologiques des catastrophes. Victimes comme intervenants peuvent être confrontés à des situations traumatiques.



