Face au tribunal, le 1er septembre 2026, l’ancien Colégion du Centre a eu du mal à démontrer, par des preuves testimoniales ou numériques, l’implication de l’ancien Dg de la Dgre dans l’opération ayant conduit à l’assassinat du défunt animateur radio.
Rebara Habra

Le contre-interrogatoire de Léopold Maxime Eko Eko, le 1er septembre 2026, a porté sur plusieurs aspects de l’enquête préliminaire. Les caméras de la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre), les conditions de l’arrestation de l’ancien directeur général de la Direction générale de la recherche extérieure et certaines investigations non menées ont occupé les débats. Pendant plusieurs heures, Léopold Maxime Eko Eko a interrogé le colonel Jean-Pierre Otoulou, ancien commandant de la Légion de gendarmerie du Centre et directeur de l’enquête préliminaire au moment des faits. Les conditions de son arrestation, les investigations menées à la Dgre et les conclusions de l’enquête ont notamment été abordées. Au fil des questions, deux réponses sont revenues à plusieurs reprises : « Je ne me rappelle pas » et « Je n’ai pas d’éléments ».
La question des caméras de surveillance a ouvert les échanges. Invité à préciser la date à laquelle elles avaient été constatées, le colonel Jean-Pierre Otoulou a indiqué ne plus retrouver le document correspondant. Il a également affirmé qu’aucun procès-verbal de constatation n’avait été établi, les observations ayant été consignées dans le rapport final. Sur le contrôle des images, le témoin soutient que les caméras étaient suivies depuis le cabinet du directeur général de la Dgre. Il reconnaît toutefois ne s’être jamais rendu sur place et s’être fondé sur les comptes rendus qui lui avaient été transmis.
Preuves
Eko Eko est ensuite revenu sur la chronologie de son arrestation, intervenue le 31 janvier 2023 dans le cadre de l’enquête préliminaire menée par la gendarmerie nationale. La commission mixte n’ayant été mise en place que le 3 février, le témoin a confirmé avoir agi seul durant cette première phase des investigations. Au cours de l’interrogatoire, le témoin a plusieurs fois indiqué ne pas se souvenir de certains faits ou ne pas disposer d’éléments sur les questions soulevées. Accusé de souffrir d’« amnésie sélective », il s’en est défendu, rappelant que les faits remontent à trois ans et qu’il avait dû reprendre connaissance du dossier.
Certaines investigations non menées ont également alimenté les débats. Le témoin reconnaît qu’aucune vérification bancaire n’a été effectuée afin de rechercher un éventuel lien entre Eko Eko et Jean-Pierre Amougou Belinga. Il a également confirmé l’absence de confrontation entre l’accusé et les autres personnes présentées comme membres du commando.
Aucune preuve numérique ou testimoniale n’aurait, par ailleurs, permis d’établir qu’Eko Eko avait demandé à Serge Heudji Guy d’établir une fiche technique. Le témoin a expliqué que les enquêteurs n’avaient pas eu accès à tous les téléphones de l’accusé. Interrogé sur la présence du nom d’Amougou Belinga dans un procès-verbal concernant Eko Eko, il a évoqué une possible « erreur de secrétariat », qui n’aurait, selon lui, eu aucune incidence sur les conclusions de l’expertise. La fin des échanges a porté sur les déclarations de l’accusé relatives à certaines missions qui lui auraient été confiées avant la mort de Martinez Zogo, ainsi qu’au contexte politique de l’affaire. Le témoin a indiqué ne pas disposer d’éléments sur ces questions, qu’il considère comme étrangères à son champ d’action.
Coup d’État
Les échanges prennent ensuite une autre direction lorsque l’accusé évoque les missions de la Dgre, ses relations avec les autorités et le contexte politique entourant l’affaire. « Est-ce que vous savez que, dans les semaines précédant la mort de Martinez Zogo, le chef de l’État m’a demandé de mener une enquête sur un coup d’État en préparation de la part de ses proches collaborateurs ? », interroge l’accusé.
Léopold Maxime Eko Eko affirme avoir été interpellé 24 heures après avoir remis le rapport de l’enquête qui lui aurait été confiée par le chef de l’État, le 30 janvier 2023. L’audience s’est achevée à 22h45. La cause a été renvoyée aux 14 et 15 septembre 2026, à la demande du colonel Jean-Pierre Otoulou, pour la suite des interrogatoires des accusés.



