La décision du ministre de la Santé publique fait suite à la mort d’un garçon de 14 ans, atteint du choléra, après une présumée négligence dans sa prise en charge.
Jacques Kaldaoussa

Une décision du ministre de la Santé publique, signée le 31 août 2026, porte suspension de Mme Panta Mohaman Dairou, médecin-chef du Centre médical d’arrondissement (Cma) de Doualaré, dans le deuxième arrondissement de la ville de Maroua, département du Diamaré. Elle est suspendue pour « manquements graves aux obligations de service et à l’éthique professionnelle ».
Cette décision intervient dans un contexte marqué par la gestion de plusieurs cas de choléra dans ce quartier populeux de Maroua. Le cas qui aurait précipité la sanction remonte au 29 août 2026. Ce jour-là, un garçon d’environ 14 ans, présentant des symptômes du choléra, aurait été retrouvé dans la rue par un bon samaritain, qui l’aurait conduit au Cma de Doualaré.
Selon des témoignages concordants, le médecin-chef aurait refusé de prendre gratuitement en charge le malade, en violation des consignes du ministre de la Santé publique prescrivant la prise en charge gratuite et immédiate des cas de choléra dans toutes les formations sanitaires.
Abandonné à son sort, l’enfant est finalement décédé au petit matin du 30 août 2026. Informés de l’incident, des témoins auraient immédiatement saisi les responsables sanitaires. Une enquête aurait alors été menée et ses conclusions auraient conduit à la suspension du médecin-chef du Centre médical d’arrondissement.
Selon une source, alors que Doualaré enregistre le plus grand nombre de cas de choléra signalés dans la ville de Maroua, la gestion des malades référés au Centre médical d’arrondissement laisse à désirer. Un rapport jugé accablant aurait ainsi conduit à la suspension de la responsable du centre. Cette sanction intervient au moment où le ministre de la Santé publique séjourne dans la région de l’Extrême-Nord, où il supervise une campagne gratuite de promotion de la santé.
La situation liée au choléra demeure préoccupante dans l’arrondissement de Maroua 2e, qui reste l’unité administrative la plus touchée du département du Diamaré. Selon les derniers pointages, depuis le 14 août 2026, plus de 92 cas confirmés ont été pris en charge au Cma de Doualaré, avec l’appui de la Croix-Rouge camerounaise. Cette assistance se traduit notamment par la mise à disposition de tentes, de matériel médical et par des actions de sensibilisation menées par des volontaires.
Malgré ces efforts, l’inquiétude demeure, particulièrement à l’approche de la rentrée scolaire. Les autorités et les populations redoutent une propagation accrue de la maladie dans les établissements scolaires et les communautés.



