Révision annuelle des listes électorales : Plus possible de se faire inscrire

Les derniers potentiels électeurs se sont fait enrôler le 31 août 2026, dans les fichiers d’Elections Cameroon afin de pouvoir participer aux consultations électorales à venir.

Arnaud Kuipo

Les inscriptions sur les listes électorales pour l’année 2026 ne sont plus possibles.

  La cour de l’antenne communale d’Elections Cameroon (Elecam) de Yaoundé 6e est vide ce matin du 31 août. 2026 Il est presque 9 h 10. Le portail de la structure est grandement ouvert. C’est le dernier jour des inscriptions sur les listes électorales pour l’année 2026. Les derniers potentiels électeurs sont attendus pour se faire enrôler ou obtenir une mutation. Ngwa Pius est l’une des premières personnes reçues par le personnel de cette antenne. Peu après 9 h 15, il sort de cette antenne d’Elecam muni de son récépissé.

Le nombre de potentiels électeurs évolue progressivement. Venu avec son épouse et sa fille, Sama David apprécie le travail des agents d’Elecam et a tenu à le leur dire. « Ma carte, depuis 2002, que je me suis inscrit, je n’ai pas pu voter entre-temps. En 2025, je suis allé là où je devais voter et je n’ai pas pu trouver mon nom. Quand je me suis renseigné, on m’a dit qu’on avait rayé mon nom du fichier électoral et qu’il fallait que j’aille m’inscrire à nouveau », confie-t-il.

Et pourquoi le dernier jour ? Réponse de Sama David : « C’est simplement parce que je ne voulais pas. J’ai près de 70 ans. Je ne voulais pas me déplacer puisque, quand je voyais à la télévision, je voyais comment les rangs étaient tellement longs ; et ma fille m’a appelé ce matin, me disant qu’il y a moins de gens. »

À l’antenne Elecam Yaoundé 3e à Efoulan, un militant de parti politique fait le travail de mobilisation. « Je suis là pour la dernière journée. J’ai des coups de fil à passer, notamment à tous ceux qui sont en âge de voter […] Je les attends. Je les ai mobilisés », témoigne-t-il.

À quelques heures de la clôture de l’opération de révision des listes électorales, une responsable d’antenne du Mfoundi confie n’avoir enregistré, jusqu’au 29 août qu’un peu plus de 1 340 nouvelles inscriptions sur plus de 8 000 attendues.

Réagissant sur les antennes du poste national, le directeur général des élections, Erik Essousse, souligne que cette année 2026, les inscriptions ont été bonnes. « Nous félicitons l’ensemble des personnes et des populations qui sont venues s’inscrire pour que nous puissions aller aux élections de manière sereine, de manière sûre, de manière certaine, avec un bon fichier. C’est le fichier qui fait l’élection. Et pour cela, il faut que le fichier soit sain, qu’il soit crédible, qu’il soit de bonne facture pour qu’il n’y ait pas de contention inutile. »

Rappelons que l’article 74 (1) du code électoral prévoit que la « révision annuelle des listes électorales commence le 1er janvier et s’achève le 31 août de chaque année. »

Nchankou Mama : Un mobilisateur pour la cause civique

Chef de la communauté Bamoun des quartiers Melen, Obili et environs à Yaoundé, il a mené le travail de mobilisation pour une participation massive de ses frères et sœurs aux processus électoraux à venir.

Arnaud Kuipo

 

Charles Njayou fait partie des derniers potentiels électeurs à avoir été reçus dans le cadre des opérations de révision annuelle des listes électorales pour le compte de l’année 2026. Ce 31 août, il est venu obtenir sa mutation à l’antenne communale d’Elections Cameroon de Yaoundé 6e. Après son arrivée sur les lieux, il lui est demandé d’aller photocopier sa carte nationale d’identité. « Je suis ici pour obtenir une mutation parce que je suis citoyen camerounais. Et le devoir d’un citoyen camerounais, c’est de voter. J’étais enrôlé à l’Ouest, mais j’ai pensé obtenir un transfert à Yaoundé, parce qu’il faut que mon quartier change », confie-t-il au sortir de l’antenne d’Elecam.

C’est en effet en réponse à l’appel du chef de sa communauté, Nchankou Mama, qu’il a sollicité cette mutation. Il a même dû s’absenter de son lieu de service pour effectuer cette démarche. Chef de la communauté Bamoun des quartiers Melen, Obili et environs, Nchankou Mama souligne aussi que « voter, c’est un devoir citoyen. C’est pour cela que je suis venu avec lui (Charles Njayou, par ailleurs premier adjoint du chef de cette communauté, ndlr) ».

Il ajoute et précise que ce travail de mobilisation s’inscrit dans le cadre des directives données par le chef de la communauté Bamoun du Mfoundi et environs, le colonel Issa Pochinto. Ce dernier a tenu une réunion avec les chefs de quartiers et les a invités à faire des efforts pour que le maximum de Bamouns de sa zone de compétence soient inscrits sur les listes électorales.

Parvenu à ce dernier jour, cet adjudant-chef major de gendarmerie à la retraite confie que l’engouement a été timide. Mais le langage qu’il dit avoir tenu sur le terrain est celui selon lequel ses frères et sœurs doivent aller se faire enrôler sur les listes électorales et, le moment venu, aller voter et surveiller leurs votes. Ils n’ont pas à rester en dehors du processus électoral et à se contenter de faire des commentaires dans les bars. Pour lui, il revient à chacun de faire son travail.

Ce que dit la loi

Article 78.

(1)  Au plus tard le 5 septembre, le président de la commission de révision des listes électorales adresse le procès-verbal des travaux de ladite commission au démembrement départemental d’Elections Cameroon. Sont annexés à ce procès-verbal, les documents relatifs aux radiations et modifications.

(2) Après la saisie, les vérifications techniques et l’établissement du fichier électoral provisoire du département, le responsable du démembrement départemental d’Elections Cameroon transmet les listes électorales provisoires correspondantes aux démembrements communaux concernés pour affichage au plus tard le 20 octobre.

(3) Dès la publication des listes électorales provisoires, tout parti politique, tout électeur peut saisir la commission de révision ou, le cas échéant, la commission départementale de supervision des irrégularités ou omissions constatées.

Article 79.-

(1)  La commission de révision des listes électorales adresse au démembrement départemental d’Elections Cameroon le procès-verbal des opérations rectificatives opérées le cas échéant sur les listes électorales provisoires, au plus tard le 10 novembre.

Article 80.-

À l’issue des opérations de révision, et au vu des documents et données communiqués par les démembrements régionaux d’Elections Cameroon, le directeur général des Elections établit et rend publique la liste électorale nationale au plus tard le 30 décembre.

Article 81.-

(1)  Le Directeur Général des Elections est chargé de la tenue du fichier électoral national.

(2) Tout parti politique, tout électeur, tout mandataire d’un parti ou d’un candidat peut saisir le Conseil Electoral de toute demande en réclamation ou contestation relative notamment à une omission, une erreur ou une inscription d’un électeur plusieurs fois sur la liste électorale nationale.

(3) En cas de rejet de la demande, l’intéressé peut former un recours devant la Cour d’appel du ressort d’Elections Cameroon qui statue en dernier ressort, sans frais ni forme de procédure, dans les cinq (05) jours de la saisine.

Convocation du corps électoral

Article 86.-

(1) Le corps électoral est convoqué par décret du Président de la République.

(2) L’intervalle entre la publication du décret convoquant le corps électoral et la date fixée pour le scrutin est de quatre-vingt-dix (90) jours au moins.

(3) Le scrutin doit avoir lieu un dimanche ou un jour qui est déclaré férié et chômé. Il ne peut durer qu’un jour.

(4) Le décret convoquant le corps électoral précise les heures d’ouverture et de fermeture des bureaux de vote.