Cameroun : Les États-Unis lorgnent sur les mines

Des discussions engagées avec les autorités en vue d’adapter le cadre légal du secteur minier et attirer les investisseurs américains.

Wamba Sop

 Cameroun-États-Unis. Les mines au cœur de la coopération.

À l’heure où la transition énergétique mondiale s’accélère, la quête de minerais critiques s’impose au sommet des agendas géopolitiques et économiques. En marge du premier dialogue économique et commercial entre le Cameroun et les États-Unis, tenu à Yaoundé du 27 au 28 août 2026, les deux nations ont posé les jalons d’un partenariat économique renforcé. Au cœur des concertations, l’attractivité du sous-sol camerounais et l’adaptation du cadre réglementaire pour séduire les investisseurs nord-américains. Présidant au Hilton Hôtel de Yaoundé un atelier consacré au bilan des trois ans du Code minier de 2023, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, Fuh Calistus Gentry, a dressé un constat lucide aux côtés des représentants diplomatiques américains. Malgré la mise en exploitation dès 2025 de projets industriels majeurs, à l’instar du fer de Bipindi Grand-Zambi et de Kribi-Lobé, de la bauxite de Minim-Martap ou de l’or de Colomine, le Cameroun peine encore à figurer dans le classement des destinations minières africaines.

Pour inverser la tendance et convaincre les investisseurs étrangers, Yaoundé mise sur la cartographie stratégique de ses ressources. Le gouvernement sollicite l’appui technique de l’U.S. Geological Survey (USGS), pour couvrir les trois régions restantes (Extrême-Nord, Nord-Ouest et Sud-Ouest) et afin de compléter les données géologiques déjà disponibles. Afin de stimuler la prospection, le Cameroun prépare des ajustements à sa législation. Constatant les dérives liées à l’attribution de permis de recherche à des entités nationales dépourvues de capacités financières et techniques, le gouvernement veut aller vers un partenariat contraignant : l’entrée effective des juniors internationales spécialisées à hauteur d’au moins 30% dans le capital des sociétés locales demandeuses de permis. Ce mécanisme prévu dans son code minier de 2023 vise à garantir un réel transfert de compétences tout en assainissant le secteur.

En outre, le Cameroun envisage d’alléger les charges perçues comme freinant la phase de prospection (réduction des exigences de cautions bancaires et assouplissement de la gouvernance avant la découverte de gisements). La Société nationale des mines (Sonamines) concentrera ainsi son action sur son rôle de bras commercial et opérationnel de l’État dans les projets arrivés à maturité, afin d’éviter tout conflit d’intérêt régulateur-opérateur. Au-delà de l’apport de capitaux étrangers, le Cameroun entend poursuivre la restructuration de son secteur aurifère artisanal et renforcer la traçabilité pour lutter contre la contrebande. L’objectif ultime des autorités camerounaises demeure la transformation locale des métaux et leur intégration au tissu industriel national.