Encadrés dans des conditions difficiles par deux enseignants, ils espèrent reprendre un parcours scolaire normal et préparer leur réinsertion dans la société après leur séjour en détention.
Sébastian Chi Elvido

Après environ deux ans de détention à la prison centrale de Bertoua, dans la région de l’Est, Paul Mballa, âgé d’environ 18 ans, a été libéré au mois de juillet 2026. Pendant son séjour dans cet établissement pénitentiaire, le jeune homme a suivi assidûment les cours du Centre d’alphabétisation fonctionnelle, qui prépare également les candidats à l’examen du certificat d’études primaires (Cep).
Lors de la session 2026, Paul Mballa a été déclaré admis. Comme lui, Wilfrid Zalang, condamné à sept ans de prison, a également obtenu son Cep,tout comme Amadou, détenu dans le cadre de la crise postélectorale consécutive à l’élection présidentielle d’octobre 2025.
Les résultats de la session 2026 portent ainsi à environ 20 le nombre de détenus de la prison centrale de Bertoua admis au CEP entre 2021 et 2026. « Avant de quitter la prison, Paul Mballa a indiqué qu’il allait poursuivre ses études dans l’enseignement secondaire », confie son encadreur.
Selon Clément Nestor Dongmo, enseignant et animateur socioculturel en droits de l’homme et des détenus, « le Centre d’alphabétisation fonctionnelle, qui prépare chaque année les détenus candidats au Cep, accueille environ 50 apprenants, parmi lesquels des mineurs, des femmes et des adultes ».
Ces apprenants, généralement regroupés dans une seule salle affectée à l’école depuis une quinzaine d’années, sont encadrés par deux enseignants : un volontaire de l’Association des amis solidaires pour la prévention des infractions et de la récidive carcérale (Aspirca) et un enseignant du ministère de l’Éducation de base.
Réinsertion
Au-delà de la préparation au Cep, plusieurs ateliers sont ouverts aux détenus de la prison centrale de Bertoua afin de les préparer à la réinsertion sociale. « De 2021 à 2025, environ 100 détenus étaient régulièrement inscrits dans les différents ateliers. À l’atelier de couture, nous avons enregistré 15 apprenants, soit 12 hommes et trois femmes. En 2026, nous n’avons enregistré que des hommes, âgés de 15 à 30 ans. Cependant, André Vandi, condamné à 30 ans de prison, fréquente cet atelier depuis une dizaine d’années.
Dans l’atelier de vannerie, nous enregistrons, depuis 2025, environ 20 garçons qui apprennent à fabriquer des lits en bambou et des nattes. Entre 2021 et 2025, nous enregistrions environ cinq apprenants, mais cette année, nous n’avons aucun inscrit », explique Clément Nestor Dongmo.
Malgré sa volonté de former ses pensionnaires et de préparer leur réinsertion, la prison centrale de Bertoua reste confrontée à plusieurs difficultés : une seule salle de classe, le manque de fournitures scolaires, un nombre limité d’enseignants et l’absence de sponsors pour soutenir les différentes activités de formation.



