Insalubrité : Le gouvernement dans le tas

Après une réunion d’urgence au ministère de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji et ses collègues de l’Habitat et de la Décentralisation ont constaté une crise qui résiste aux opérations et promesses. 

Rebara Habra

Les ordures résistent à Yaoundé

Trois membres du gouvernement, dos au mur face à une montagne d’immondices qui grignote la voie publique au quartier Nsimeyong, dans l’arrondissement de Yaoundé 5e. Le cortège, qui sillonne la ville depuis la matinée du 28 août 2026 à la traque des ordures ménagères, se heurte à ce dépotoir qui coupe pratiquement la route.

Ici, taximen et automobilistes sont contraints de rouler à contresens. Le Code de la route ne tient plus au lieu-dit Nsimeyong-Victor-Hugo. Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale, Célestine Ketcha Courtès, ministre de l’Habitat et du Développement urbain, et Georges Elanga Obam, ministre de la Décentralisation et du Développement local, peinent à reprendre la main face à un problème auquel les pouvoirs publics cherchent encore une solution durable.

Sur-le-champ, des camions-bennes sont appelés en renfort pour dégager les ordures de la voie publique. C’est la première réponse apportée sur le terrain, en attendant une solution durable à la problématique des déchets ménagers qui envahissent certains quartiers de la ville.

Après Carrefour Melen, direction les lieux-dits Rond-Point Express et Nsimeyong-Victor-Hugo, devenus ces derniers jours des points noirs de l’insalubrité. Les détritus s’y accumulent et la gestion des déchets y prend des allures de difficulté familière. Il faut indiquer que cette opération intervient une semaine avant la visite de la directrice exécutive de l’Onu-Habitat au Cameroun. 

Ordures 

C’est dans le contexte de cette crise des ordures, qui résiste aux réponses successives des pouvoirs publics, que le ministre de l’Administration territoriale a tenu une réunion interministérielle dans ses locaux, afin d’appeler à une mobilisation de l’ensemble des acteurs du secteur. « Il a été question ici de faire à la fois l’état des lieux de la collecte et de la gestion des ordures ménagères dans la ville de Yaoundé, de revisiter les contrats des entreprises recrutées pour effectuer cette tâche et de faire le point des contraintes financières qui s’imposent à elles pour remplir pleinement la mission qui leur est assignée », confie-t-on.

Pour Paul Atanga Nji, les mairies d’arrondissement doivent désormais être en première ligne. « La propreté ne doit pas devenir une opération exceptionnelle déclenchée à l’approche de l’arrivée d’une personnalité. Elle doit être quotidienne », a-t-il indiqué.

Mais les ordures semblent résister aux mesures prises par le gouvernement. Ce n’est pas la première fois que le ministère de l’Administration territoriale tient une réunion d’urgence sur la crise des déchets. Une autre s’était tenue en janvier 2026, au cours de laquelle plusieurs annonces avaient été faites, notamment la dotation des communes en engins, camions-bennes et matériel léger destinés à faciliter l’enlèvement des ordures.

Promesses 

En complément de cet appui, le ministre a annoncé, pour vendredi 04 septembre, la remise d’un important lot de matériel aux communes. Il est constitué de 700 brouettes, 700 pelles, 700 balais et 700 râteaux, soit 100 unités de chaque équipement pour chacune des sept communes d’arrondissement de Yaoundé.

Huit mois avant la réunion du Minat, le Minhdu coorganisait avec le Minddevel les états généraux sur la gestion des déchets urbains, tenus du 6 au 7 mai 2025 à Yaoundé. L’ambition affichée était alors de réformer durablement l’assainissement urbain au Cameroun. Plus d’un an après ce grand rendez-vous national, Yaoundé peine encore à afficher les retombées attendues. Dans certains quartiers, les montagnes d’ordures continuent de rappeler l’écart entre les réunions, les promesses et la réalité du terrain.