Cameroun – États-Unis : L’heure du dialogue économique a sonné

Le chargé d’affaires américain au Cameroun annonce la tenue de la première édition du dialogue économique et commercial bilatéral, le jeudi 27 août 2026.

Ulrich Enyegue 

L’histoire d’amour qui lie le Cameroun aux États-Unis est de longue date. Pourtant, jusqu’ici, elle s’écrivait sous le prisme de l’aide publique. Face à la presse le 25  août 2026, le chargé d’affaires américain, John G. Robinson, a acté un changement de cap. « Nous passons d’un partenariat basé largement sur l’aide publique à une coopération basée sur le commerce et l’investissement », a-t-il affirmé. Cette mutation se matérialise le jeudi 27 août, avec le tout premier dialogue économique et commercial bilatéral. Ce dialogue est justifié par une ambition claire : « accompagner le Cameroun pour moderniser son économie par le biais de notre secteur privé ». Cette offensive s’inscrit directement dans la nouvelle « stratégie des États-Unis de la diplomatie commerciale envers l’Afrique ».

Les enjeux de ces assises sont résolument pragmatiques. John G. Robinson fixe trois objectifs majeurs : « identifier des obstacles dans le climat d’affaires », « discuter des opportunités pour le commerce », et explorer des « opportunités d’investissement ». Ces tractations, qui « durent depuis quelques mois déjà », ciblent des secteurs stratégiques comme la technologie, l’agriculture, l’énergie et la Fintech. Le diplomate insiste sur l’arrimage de cette démarche à la Stratégie nationale de développement (Snd30). Chaque domaine retenu est « relevant » pour l’émergence du Cameroun projetée en 2035. L’objectif étant de bâtir des « scénarios gagnants-gagnants ». Ce menu économique sera par ailleurs complété par des échanges sur la sécurité, la santé et la lutte contre le terrorisme.

Pour acter ce virage, la délégation américaine sera conduite par Sarah Troutman, sous-secrétaire adjointe au Bureau des affaires africaines, initiatrice du projet en janvier dernier. Elle sera entourée d’experts des départements de l’économie et de l’agriculture. Côté camerounais, le ministère de l’Économie, de la planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) pilote ce travail interministériel. Le secteur privé sera activement impliqué via la Chambre de commerce américaine (AmCham), chargée d’animer un événement dédié en marge des travaux officiels. 

La pérennité de ce nouveau pont commercial est garantie. « L’année prochaine, la deuxième édition sera aux États-Unis », annonce John G. Robinson.