Trois nouveaux bâtiments ont récemment été inaugurés à l’Université d’Ebolowa. Suite à cet événement, le coordonnateur général du Programme d’appui à la composante technologique, professionnelle et facultaire de l’enseignement supérieur (Pro-Actcpf) présente l’évolution de ce projet présidentiel de construction des nouvelles infrastructures pour certaines universités et ses perspectives.
Guy-Roger Mvondo

Monsieur le coordonnateur général du Programme d’appui à la composante technologique, professionnelle et facultaire de l’enseignement supérieur, que représente l’inauguration des premiers bâtiments de l’Université d’Ebolowa pour vous?
C’est une étape majeure dans le projet présidentiel de construction des nouvelles infrastructures pour les universités d’Etat d’Ebolowa, de Bertoua et de Garoua. Il faut savoir qu’en janvier 2022, lorsque le chef de l’Etat, le président de la République, a décidé de la création de trois nouvelles universités, s’est posé évidemment le problème de la mise en place des nouvelles infrastructures. A cet effet, un comité ad hoc a été créé, chargé d’opérationnaliser et d’assurer le suivi de la mise en place de ces nouvelles infrastructures. Et le Programme d’appui à la composante technologique professionnelle et facultaire, le Pro-Actcpf, a été choisi comme l’organe technique chargé du suivi de ces travaux. Donc pour nous aujourd’hui, au moment de livrer les premières infrastructures du projet présidentiel, nous considérons que c’est le début de l’aboutissement de ce projet, de cette volonté présidentielle de doter ces nouvelles universités d’infrastructures modernes et adéquates.
Quelle évaluation faites-vous du taux d’avancement des travaux de construction de cette université ?
C’est la première phase du chantier. Il faut savoir que le chantier de construction de l’Université d’Ebolowa a un coût global de 91 milliards Fcfa, s’étend sur 97 hectares et comprend l’ensemble des infrastructures que l’on peut trouver dans une université moderne. Mais ce projet de construction a été phasé. Au cours de la première phase, d’un coût de 8,8 milliards Fcfa, on a axé l’investissement principalement sur les infrastructures de base, à savoir les voiries et réseaux divers. On a également mis l’accent sur les infrastructures académiques : les blocs administratifs, les blocs pédagogiques, les amphithéâtres, les salles de cours et de laboratoire. L’avantage, ou bien ce qui est important de savoir, c’est que toutes ces infrastructures sont accompagnées de leurs équipements mobiliers et techniques. A ce jour, dans cette première phase, trois infrastructures sont déjà prêtes. La quatrième sera prête dans un mois. Et nous croyons qu’avant la rentrée définitive, nous aurons les quatre cinquièmes des infrastructures. D’ici la fin de l’année, la totalité des infrastructures de la première phase pourront être livrées.
On sait que les travaux ont accusé un léger retard par rapport aux délais annoncés pour leur livraison. Quelles ont été les principales difficultés rencontrées et quelles leçons en tirez-vous ?
La première raison, c’est que nous avons lancé un vaste projet sur une surface de 97 hectares. Dans un premier temps, il fallait disposer des plateformes pour permettre aux entreprises de déployer leurs infrastructures. La mise en place des plateformes était prévue pour une durée de 6 mois, mais elle a pris pratiquement le double, à cause d’une pluviométrie assez abondante et des difficultés liées à la mise en place d’un projet d’une telle envergure. Ensuite, lorsque les travaux ont été lancés, il y a également eu des difficultés liées à la conjoncture difficile de l’environnement financier. Mais également à d’autres difficultés techniques. Quand vous avez un projet de cette envergure où plusieurs acteurs se rencontrent, il y a la problématique de la coordination qui se pose. Il faut valider chaque point : la couleur des murs, chaque détail. Et cela nécessite que tous les acteurs tombent d’accord. Mais je pense qu’avec l’appui du comité technique et les encouragements de monsieur le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur, chancelier des Ordres académiques, qui est le maître d’ouvrage de ces infrastructures, nous sommes aujourd’hui assez avancés. Les différents programmes ont été réorganisés de telle sorte que l’on puisse permettre une évolution assez rapide de la fin des travaux.
Combien de temps reste-t-il à l’Université d’Ebolowa pour sortir définitivement de sa précarité infrastructurelle ?
J’allais dire qu’on est déjà arrivé au terme de cette précarité. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, avec les infrastructures dont nous allons disposer avant la rentrée, l’université peut convenablement se déployer. Pour vous donner un ordre de grandeur : un bloc pédagogique, c’est 30 bureaux. Et nous avons trois blocs pédagogiques. Ça fait 90 bureaux. Sur 90 bureaux, on peut facilement accueillir au moins 500 personnels. Nous parlons d’une capacité d’accueil de l’ensemble des infrastructures académiques qui vont dégager, de manière journalière, environ 18 000 places assises. Donc l’université peut fonctionner. Qu’est-ce qu’il reste ? Nous sommes en phase de finition des travaux. Il y a un certain nombre de choses nécessaires : le raccordement au réseau d’eau, l’apport de l’énergie électrique, parce qu’il s’agit d’un campus. L’arrivée de la fibre optique également. Il y a donc un ensemble de choses que l’on doit négocier avec les administrations partenaires concernées. Il y a des forages, mais il faut construire des châteaux d’eau. Mais je pense, et vous avez dû suivre le discours de monsieur le ministre d’Etat, l’Enseignement supérieur, qui a donné une instruction ferme à l’Université d’Ebolowa de prendre possession de son site et que ce site puisse vivre dès la rentrée prochaine. Pour que l’ensemble des établissements localisés dans la ville d’Ebolowa forment une unité de lieux et d’actions, et permettent ainsi à cette université de vivre pleinement son année académique.
Quel est le message que vous adressez à la communauté universitaire qui va bénéficier de ces premiers joyaux dès la prochaine rentrée académique ?
D’abord, c’est un message de remerciement à monsieur le chef de l’Etat qui a eu la magnanimité de mettre à la disposition des nouvelles universités ce projet infrastructurel. Maintenant, à la communauté : c’est un joyau, c’est un bien. Et comme tout bien d’une communauté, on doit le préserver, on doit le mettre en valeur. Et il faut qu’on le fasse avec fierté et avec beaucoup de disponibilité. Comme l’a dit monsieur le ministre d’Etat, qui est le maître d’ouvrage de toutes ces infrastructures : c’est un bien commun que nous allons léguer aux générations futures. Nous voulons bâtir là une université moderne qui réponde aux normes des universités du troisième millénaire. Il est donc important que les différents utilisateurs de cette infrastructure en fassent bon usage, afin de permettre un plus grand épanouissement de nos apprenants.



