Secteur des Douanes du Sud 2: Kense Essola Armelle aux commandes

L’ex-cheffe du Bureau principal de Douala Port VII succède à Norbert Belinga, dont le mandat a accompagné la montée en charge du port et la structuration du secteur, héritant ainsi d’un outil douanier rodé, mais aussi d’objectifs de performance élevés.

Par Lazare Kingue

La cérémonie de passation de service entre le chef de secteur sortant, Norbert Belinga, et la cheffe entrante, Armelle Kense Essola, s’est tenue vendredi 17 avril dernier à Kribi, sous la présidence d’un représentant du Directeur général des Douanes (DGD).

Dans son allocution, l’émissaire de la DGD a salué un bilan « élogieux » du responsable sortant. Il a rappelé la trajectoire du secteur Sud 2, actuellement deuxième pourvoyeur national, avec plus de 335 milliards de FCFA de recettes mobilisées en 2025. Les recettes « ont quasiment quadruplé, passant de 2,6 milliards par mois en 2018 à 35,5 milliards par mois en 2025 ». Sous le magistère de Norbert Belinga, cette unité douanière « s’est hissée au premier rang des secteurs ayant enregistré la plus forte croissance » et s’est imposée « parmi les institutions phares du département de l’Océan et de la région du Sud ».

À l’endroit du sortant, la Direction générale « ne peut que vous féliciter et vous souhaiter plein succès dans votre nouvelle vie ». S’adressant à la nouvelle promue, le représentant du DGD a indiqué qu’elle hérite d’un secteur en plein essor. « Si votre prédécesseur a réussi à le mettre sur pied, il vous reste à poursuivre l’œuvre pour faire du secteur des Douanes du Sud II le principal pourvoyeur de recettes de la Direction générale des Douanes ».

En effet, le potentiel du secteur est très important et n’a pas encore été exploité à sa pleine capacité. Pour la hiérarchie, « les difficultés ne manqueront pas, mais M. le Directeur général des Douanes me charge de vous signifier que vous avez tout son soutien et la disponibilité de toute la hiérarchie pour vous épauler dans vos nouvelles fonctions », a déclaré l’émissaire, en soulignant qu’une feuille de route a été définie pour relever ce défi. La nouvelle cheffe devra la suivre de manière scrupuleuse.

Appelant à l’action immédiate, il a ajouté : « Loin de moi l’idée de vous effrayer en ce jour. J’aimerais simplement vous faire prendre la mesure de la prestance et des fonctions que vous allez assumer ». C’est rappeler ici les acquis : « Votre prédécesseur a démontré sa capacité de mobilisation de recettes, de lutte contre la fraude, mais surtout de facilitation des échanges et d’amélioration de la compétitivité de la place portuaire de Kribi. Il vous revient de poursuivre dans le même élan, et même d’aller plus loin ».

On comprend donc la clarté de la mission confiée à titre intérimaire à Armelle Kense Essola : maintenir l’équilibre de l’œuvre entamée par son prédécesseur, la consolider et la faire prospérer. Son impact est ainsi attendu sur les recettes de Kribi. Notons que le secteur a reversé plus de 335 milliards de FCFA au Trésor en 2025. Depuis la mise en service du port, le cumul dépasse 1 000 milliards de FCFA.

Armelle Kense Essola succède à Norbert Belinga, dont le mandat a accompagné la montée en charge du port et la structuration du secteur. Elle hérite d’un outil douanier rodé, mais aussi d’objectifs de performance élevés. Sa prise de fonction intervient alors que Kribi accélère sa phase 2. Ces trois dernières années, les capacités de stockage ont été étendues et une zone industrielle intégrée se déploie avec des partenaires majeurs. Le Port autonome investit également dans l’énergie pour sécuriser l’exploitation.

Cette dynamique vise un double effet : augmenter les volumes traités et améliorer l’attractivité de la plateforme. À terme, la base taxable s’élargit et le potentiel de recettes douanières suit.

Notons par ailleurs que sa nomination porte à deux le nombre de femmes à la tête des douze circonscriptions douanières, après Marthe Nseke Maboa au Centre. Au-delà du symbole, c’est un marqueur de la politique du Chef de l’État, Paul Biya, en faveur d’une plus grande présence féminine aux postes de décision économique. Dans un secteur où la pression sur les résultats est mensuelle, la nouvelle cheffe du Sud 2 devra transformer les investissements portuaires en recettes sécurisées, fluides et durables.