Michaely Bihina : La performance qui suscite une bataille de récupération

Actuellement sur internet,  chacun revendique sa proximité avec la gardienne des lionnes indomptables. 

Lorine Claudia Agnang

 

L’enfant du pays

Michaely Bihina a mis tout le monde d’accord sur les réseaux sociaux. Grâce à ses prestations lors de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) féminine qui s’est déroulée au Maroc, la gardienne de but des Lionnes indomptables a su s’imposer, grâce à ses performances. Mais au-delà des terrains, ses performances font désormais l’objet d’une vague de  récupérations sur le web. Sur différentes plateformes, des communautés revendiquent la proximité ou la paternité du talent de l’internationale camerounaise. Certains attribuent le début  de son parcours aux clubs de football de leurs localités : « Bihina est mbamoise de Bokito, grandi à Bafia, quartier Ayem et a commencé le foot avec Social du Mbam. Pour ceux qui connaissent, la voici à gauche de la photo, au Stade du lycée classique et moderne de Bafia en 2018. Pourquoi tant de polémique ? Les intrus qui ne sont pas Mbamois et qui contestent seront virés », soutient un internaute dans un groupe Facebook de ressortissants du Mbam, dans la région du Centre, en illustrant son  texte par une photo de jeunes joueuses habillées en maillots jaunes.

Sur une page Facebook,  ce sont les identités communautaires qui s’affrontent autour de son patronyme : « Bravo à notre fille Ekang, Michaely Bihina ! Elle est la gardienne de but de l’équipe nationale féminine de football du Cameroun. Une grande fierté pour sa famille Ekang, sa communauté Ekang et tout le Cameroun ! », s’enthousiasme une page  sur Facebook. Une affirmation immédiatement contestée par d’autres utilisateurs : « Elle n’est pas ekang, c’est une fille de l’Ouest Cameroun » ou encore « Elle s’appelle Ngo Bihina, c’est une Bassa ».

Dans cet élan de visibilité, d’anciens clichés de la joueuse à l’école primaire refont surface, tandis que d’autres internautes retracent son itinéraire sportif pour lier ses arrêts décisifs actuels à ses passages dans divers clubs locaux. Toutefois, cette vague d’appropriations ne fait pas l’unanimité dans le cyberespace . Si une partie des internautes y voit un simple moyen d’animer la galerie, d’autres déplorent un repli identitaire et mettent en garde contre des discours susceptibles d’alimenter les divisions au sein du public.

Réaction

Michaely Bihina, gardienne des lionnes  Indomptables

Nous sommes très heureuses, nous célébrons notre premier trophée, parce que c’est notre premier trophée. Nous essayons de profiter de  chaque moment. Nous sommes heureux parce que nous savons que beaucoup de Camerounais nous attendent maintenant. Nous faisons de notre mieux et nous revenons à la maison très heureuses. Nous savons que tous les Camerounais sont heureux.. Je veux remercier tous mes collègues parce que ce n’est pas seulement moi,nous jouons tous ensemble au football. Je veux remercier tous mes collègues.