Tronçon échangeur d’Olembé : Une route en déroute

Nids-de-poule, eaux stagnantes, camions-bennes et stationnements anarchiques compliquent chaque jour la circulation, transformant cet axe très fréquenté en véritable parcours du combattant.

Flavie Abé Djama (stagiaire)

Circulation perturbée

 

La route menant à l’échangeur d’Olembé, dans l’arrondissement de Yaoundé 1er, donne des airs de parcours d’obstacles. Sur une bonne partie de la chaussée, les nids-de-poule ont pris leurs aises. Ici, les automobilistes ne roulent plus, ils slaloment. Un coup de volant à droite, un autre à gauche. Chacun avance au pas, avec la crainte de laisser une roue, une suspension ou une autre pièce mécanique dans l’un de ces cratères. La circulation est ralentie. Elle s’étire et finit par former des bouchons. Dans ce secteur, la prudence est devenue une règle de conduite. Il faut éviter les trous, mais aussi les manœuvres brusques susceptibles d’endommager davantage des véhicules déjà mis à rude épreuve.

À quelques mètres, les camions-bennes chargés de sable occupent une bonne partie de la voie. Garés en rang, parfois deux à deux, ils réduisent encore l’espace disponible pour les autres usagers. Autour d’eux, une petite économie s’est installée. Des vendeurs proposent leurs marchandises, tandis que les clients viennent s’approvisionner en sable. « Ils sont garés là depuis longtemps. C’est là que les gens viennent souvent acheter le sable », renseigne une vendeuse de bananes installée à proximité. Le commerce tourne. La route, elle, se dégrade. Sous le poids répété des camions et de leurs lourdes roues, la chaussée se creuse davantage. Les passages successifs des poids lourds accentuent les déformations et donnent au bitume l’allure d’une route en fin de course.

À quelques pas de ce « marché du sable », un autre spectacle s’offre aux usagers : une mare d’eau stagnante barre une partie de la chaussée. Les pluies de ces derniers jours ont transformé le bas-côté en bourbier. L’eau s’étale sur plus de la moitié de la voie et gagne le trottoir, désormais recouvert d’une boue brunâtre.

Dégradation

Pour passer, chacun compose avec l’obstacle. Les voitures avancent en file indienne, à faible allure, en cherchant le passage le moins mauvais. Les piétons, eux, pressent le pas, coincés entre la boue et les véhicules. À cette dégradation s’ajoutent les nombreux allers-retours des véhicules et les manœuvres des camions-bennes. À chaque passage, la chaussée encaisse. À chaque stationnement, l’espace de circulation se réduit un peu plus.

Du côté de la station-service Pétrolex, le décor se répète. Des camions y sont également stationnés, accentuant l’occupation de la voie. Entre nids-de-poule, eaux stagnantes, poids lourds et circulation dense, le tronçon d’Olembé ressemble désormais à une route qui se détériore sous les yeux de ses usagers. L’échangeur d’Olembé, à Yaoundé, a été construit dans le cadre des infrastructures liées au complexe sportif d’Olembé et à la route Yaoundé-Obala. Le projet, attribué à l’entreprise Arab Contractors pour un coût d’environ 27 milliards Fcfa, est cofinancé par l’État et la Bdeac. Il vise notamment à désengorger cette entrée stratégique de la capitale. L’infrastructure a été mise en service dans la période 2018-2021.