Initialement prévues dès ce jour, 8 juin 2026, elles ont été reprogrammées durant la période allant du 22 juin au 2 juillet, d’après un communiqué du ministre des Enseignements secondaires datant du 6 juin dernier.
Par Arnaud Kuipo
Elle ne s’y attendait pas. Elle c’est Yole Jeannette, surveillante au General Certificate of Education (GCE) Examination. Il sera midi dans quelques minutes quand elle apprend, au sortir du culte ce 7 juin 2026, que les épreuves restantes ne seront plus soumises aux candidats dès ce jour. La petite Mayely Kendra, candidate au GCE Ordinary Level, a aussi appris l’information ce même jour, soit quelques minutes seulement avant sa monitrice de l’école du dimanche. L’élève de Form V Arts de Mario Academic Complex, à Yaoundé, devait en fait reprendre la composition ce 10 juin.
C’est donc désormais du 22 juin au 2 juillet 2026 que les épreuves restantes de la session en cours du GCE Examination ont été reprogrammées. Le communiqué du 6 juin dernier du ministre des Enseignements secondaires (Minesec) souligne que cette décision fait suite à une séance de travail tenue avec la responsible de l’équipe de transition chargée de la gestion du GCE Board. Au cours de cette réunion, cette responsible « a reconnu la circulation de sujets d’examen confidentiels par voie électronique et sur les plateformes de réseaux sociaux. Le ministre a également recueilli des preuves de ces fuites, qu’il a transmises aux autorités compétentes pour enquête. » Le Minesec ajoute que des « enquêtes se poursuivent afin d’identifier l’origine et l’ampleur de la faille de sécurité et de veiller à ce que toutes les personnes reconnues responsables répondent de leurs actes conformément à la loi et aux règlements en vigueur. »
On se souvient que lors de la session 2025, des fuites avaient également été signalées. Le Collectif des organisations des enseignants du Cameroun, qui avait identifié deux épreuves du baccalauréat Esg (Enseignement secondaire général) disponibles avant le temps, avait, lui aussi exigé « une enquête indépendante sur toute la chaîne de sécurisation des épreuves, et la traduction en justice de tous les responsables ainsi que les complices, conformément à la loi. » Parmi les quatre mesures à prendre face à ce que ces enseignants qualifiaient de « crise majeure », il y avait aussi « la création d’une brigade mixte (forces de l’ordre – experts cybersécurité – syndicats) en vue du démantèlement de « ces réseaux mafieux » » ; ainsi que « l’annulation et la reprogrammation immédiate de toutes les épreuves compromises ». Une annulation qui n’a jamais eu lieu.
Réactions
Comme le relève Mayely Kendra, qui va affronter neuf matières (nine papers) lors de cette session, ce report a un aspect positif en ce sens qu’il « donne plus de temps pour se préparer ». Dans un groupe d’enseignants, l’on s’interroge sur « Pourquoi ne pas recommencer avec toutes les épreuves ? Reprogrammer le reste veut simplement dire qu’on a validé une partie de l’eau. » Cet avis n’est pas partagé par un autre internaute qui pense que « Reprendre ce qui a été fait ou reprogrammer ce qui reste à faire ne donne rien tant que les mêmes ordres restent dans la maison. Je pense sincèrement qu’il est temps de voir le mal en face et l’extirper avec le sang-froid du chirurgien ».
Un autre commentaire pointe le doigt sur la mentalité des Camerounais : « la clochardisation de l’enseignant a quel rapport avec la fuite des épreuves dans les réseaux sociaux ? N’est-il pas temps de questionner plutôt la mentalité des Camerounais qui devient de plus en plus douteuse ? Pourquoi les véritables responsables de ce genre de préjudice ne sont-ils pas relevés de leurs fonctions avec poursuites judiciaires ? N’est-il pas temps que le gouvernement sorte de cette léthargie institutionnelle afin de siffler la fin de la récréation ? »
Précisons que la décision de Pauline Nalova Lyonga, contenue dans le communiqué du 6 juin dernier, ne concerne pas les examens du TVEE (Technical and Vocational Education Examination, ndlr). De plus, ce communiqué souligne que les horaires des épreuves des autres examens sont inchangés.


