Mariane Lovelyne Pefoura Ngouh – Deuxième tentative, la bonne ?

près la session 2025, cette déplacée interne, candidate au probatoire de l’Enseignement secondaire général (Esg), lancé le 8 juin dernier, pense pouvoir être à la hauteur cette fois.

Par Rosette Ombessack

Mariane Lovelyne Pefoura Ngouh est élève en classe de première D au Lycée de Batoukop, à Bafoussam I. Ledit établissement scolaire tient également lieu de sous-centre d’examen du probatoire de l’Enseignement secondaire général (Esg) rendu à son troisième jour aujourd’hui. C’est avec assurance que l’adolescente de 17 ans affronte son examen pour la deuxième fois consécutive. C’est d’ailleurs avec le sourire sur les lèvres qu’elle déclare être prête.

Cependant, derrière ce visage juvénile et serein se cache une sombre histoire. Tant il est vrai que l’originaire du département du Noun, région de l’Ouest, est une déplacée interne marquée par les séquelles de la crise anglophone. En effet, c’est en 2018 que la famille de Pefoura fuit la ville de Bamenda dans le but de sauver sa vie. « On n’allait presque plus à l’école de peur d’être assassiné », rapporte la jeune fille. Quatrième d’une fratrie de cinq enfants, elle ajoute qu’à l’intérieur de leur domicile résonnaient, au quotidien, des coups de feu qui terrorisaient ses occupants. « Un jour, une balle perdue a atterri sur notre toiture. Heureusement qu’elle était solide », raconte l’adolescente.

Arrivée dans la ville de Bafoussam, au milieu de l’année scolaire, les difficultés notamment le manque de moyens financiers, l’inadaptation et les récurrentes maladies ont plongé la famille dans l’instabilité. « J’ai été constamment malade, c’est la raison pour laquelle je n’ai pas eu mon examen l’an dernier », justifie Pefoura. À présent, la famille est départagée. Pefoura vit à Bafoussam avec sa petite sœur et sa maman. Tandis qu’à Douala, son père et son grand frère habitent ensemble. Son deuxième grand frère, quant à lui, est hébergé par son oncle tandis que sa grande sœur est déjà en mariage. « Depuis que mon père est allé à Douala, nous ne sommes pas encore allés lui rendre visite », déplore la candidate au probatoire D. « Mon père nous a promis que nous serons ensemble cette année. Mais en réalité, nous ne sommes pas sûrs », confie Pefoura tout en émettant le vœu de voir la famille à nouveau réunie. Aux dires de la jeune élève, sa maman fait du ménage chez des particuliers pour subvenir aux besoins de ses enfants.

Le succès de Mariane Lovelyne Pefoura Ngouh, au probatoire Esg session 2026, sera à n’en point douter le sujet d’une grande joie dans cette famille.