La nouvelle parution de Marie Gabrielle Mfegue, présentée le 17 juillet 2026 à Yaoundé, esquisse des pistes pour une meilleure valorisation de la culture et du journalisme culturel.
Par Marielle Ongono
Penser et rendre public. C’est à cet exercice que s’est attelée la journaliste culturelle Marie Gabrielle Mfegue pour produire son ouvrage « Journalisme culturel : entre tradition et modernité ». Paru aux éditions Éclosion, ce livre de plus de 200 pages porte un plaidoyer. D’abord pour la condition des journalistes culturels, afin qu’ils soient mieux considérés dans notre société. Ensuite pour la culture elle-même, qui, face à l’omniprésence des réseaux sociaux, doit être davantage mise en valeur et contribuer au développement économique du Cameroun. L’ouvrage a été présenté le 17 juillet 2026 au Musée national, dans le cadre de la 7e édition de la Coupe du monde de la presse culturelle, initiative portée par G-Laurentine Assiga.
« Lorsqu’on observe les statistiques de certains pays, notamment les États-Unis d’Amérique, on constate que la culture représente, depuis 2020, environ 4,5 % du produit intérieur brut, soit 877 milliards de dollars », a rappelé l’auteure. Poursuivant, Marie Gabrielle Mfegue a cité l’exemple du Nigeria. Selon elle, « l’industrie cinématographique, Nollywood, a permis au Nigeria de devenir l’une des puissances culturelles du continent africain ». Elle explique que ce succès repose sur la capacité du pays à promouvoir son identité à travers le cinéma. « À travers Nollywood, les Nigérians ont vendu non seulement leurs histoires, mais aussi leur culture, leurs tenues traditionnelles, leur gastronomie, leurs habitudes, leurs villages, leur architecture et leur patrimoine », a-t-elle souligné.
Pour l’auteure, le Cameroun dispose également d’importants atouts culturels. « Je voudrais que nous atteignions ce niveau. Cela permettra non seulement de promouvoir le Made in Cameroon, mais aussi de mieux faire connaître notre pays au-delà de nos frontières. Si nous construisons une véritable industrie culturelle et créative, en valorisant nos talents dans la musique, les arts visuels et plastiques, le patrimoine vestimentaire, les sites touristiques et les récits de nos communautés, le Cameroun pourra devenir l’un des géants culturels de l’Afrique centrale », a-t-elle déclaré.
En guise de proposition concrète, Marie Gabrielle Mfegue a plaidé pour la création d’un Master africain en journalisme culturel à l’Esstic. Selon elle, une telle formation permettrait de mieux outiller les journalistes culturels et de renforcer la qualité de la couverture médiatique des questions culturelles.



